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J.C.Sohm ; | Mise à jour : 04 décembre 2001 |
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| LA TYPOGRAPHIE du WEB Conclusion |
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| L'imprimé a perdu son monopole | |||||||||
Pendant des siècles, l'imprimé a détenu le monopole de la représentation du texte sous forme analogique (livres, périodiques, brochures, etc.), mais cet état de fait est maintenant terminé. Le développement des méthodes de numérisation et de traitement de l'information a généré un rival, le texte numérique. Les deux grandes représentations tangibles de cet événement sont le développement du CD-ROM, et celui d'Internet -- le web plus particulièrement. Sans parler du dernier-né des concurrents de l'imprimé : le e-book, le livre électronique. |
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| L'imprimé ne disparaîtra pas | |||||||||
L'imprimé ne disparaîtra pas, du moins dans un avenir prévisible. L'expérience montre en effet que les "applications tueuses" (killing applications) sont l'exception. La règle, c'est une situation de concurrence dynamique avec des effets de synergie, entre l'ancienne technologie devenue un produit mûr, et la nouvelle qui cherche sa place et évolue sans cesse. Il faut donc s'attendre à ce que le texte numérique fasse une rude concurrence à l'imprimé dans certain nombre de domaines, et que l'imprimé s'adapte à cette situation en se défendant de son mieux. L'impression du livre sur une presse numérique installée chez le libraire, à la demande de chaque client, représente un exemple de ce que cette situation de défense pourrait générer. La typographie classique a encore de beaux jours devant elle ! |
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En fait, personne n'ose pour l'instant annoncer la mort proche de l'imprimé, mais certains publicistes n'ont pas peur d'écrire que le e-book fera disparaître le livre dans les dix prochaines années. Le "bureau sans papier", cela vous rappelle quelque chose, n'est-ce-pas ? Le "monde sans livre" ou le "monde sans imprimé" sont de la même farine -- du marketing primaire, du "hype" -- ou de l'attrape-nigaud, pour parler français. |
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Signalons de plus que l'avancement de la technique n'est pas le seul facteur à prendre en compte : l'évolution des mentalités, très difficilement prévisible, joue également un rôle considérable vis à vis des innovations. Qui aurait crû il y a dix ans que le web servirait à autre chose qu'à échanger des drafts (manuscrits) entre scientifiques ? Qui aurait crû il y a cinq ans que ce même web deviendrait un media grand public ? Qui peut dire comment évoluera le web, et ce que seront demain ses principaux usages ? Difficile de prévoir, donc, ce que deviendra sa typographie. |
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| Les aspects psychologiques et culturels | |||||||||||||||||||||||
Dans le monde de l'imprimé, l'homme a acquis au cours des siècles un certain nombre de repères. Ce sont : |
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Quand on passe de l'imprimé à l'affiché, les repères sensoriels, spatiaux et culturels disparaissent. Rien d'étonnant à ce que la typographie soit emportée avec le reste ! |
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| Les aspects économiques et financiers | |||||||||||||||||||||||
Le modèle économique qui s'applique à l'imprimé est depuis longtemps bien établi. Un livre s'achète neuf ou d'occasion, son emprunt dans une bibliothèque se paye, et le coût de la pub imprimée est répercuté dans le prix final du produit vanté. Là encore, nos repères sont bien établis. |
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Le web, par contre, est toujours à la recherche de son "business model". Le micro-payement reste un mythe, le règlement en ligne inquiète, la vente électronique au public (B to C, business to consumer) déçoit, la pub marche mal. Un essai de "livre en ligne", où l'internaute paye pour consulter un chapitre, a tourné court. Les journaux payants sur le web font médiocrement recette. Seuls les sites "vitrine", ceux pratiquant le "fourniturage électronique" (e-procurement), et les sites relevant de l'industrie du sexe, semblent assurer leur équilibre financier. La nouvelle économie subit actuellement un fameux coup de torchon. |
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Les fondeurs (créateurs de nouvelles polices) vous diront que l'on gagne mal sa vie à concevoir des polices pour l'imprimerie traditionnelle. Mais à créer des polices pour le web, on laisse jusqu'à sa chemise ! D'ailleurs, sur le web, les fondeurs ne se bousculent pas. |
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| Les aspects juridiques | |||||||||||||||||||||||
"La photocopie tue le livre" peut-on lire sur la page de garde de tous les ouvrages. Dieu merci ! cette prédiction ne s'est pas réalisée. Les éditeurs ont trouvé la parade : avec des pages plus petites, et des caractères plus grands, l'information est répartie sur un nombre de pages nettement plus important. Photocopier devient plus fastidieux, moins rentable. De plus, les figures sortent mal, et les photos encore plus mal. Enfin, le prix de la plupart des ouvrages reste à un niveau raisonnable. L'ensemble de ces facteurs décourage en partie la photocopie. |
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D'une manière générale, la numérisation de l'information facilite sa reproduction, opération baptisée "piratage" lorsqu'elle s'exerce dans des conditions illicites. La numérisation du prépresse -- c'est triste à dire -- a entraîné le piratage des polices de caractères sur une grande échelle. Sur le web, le problème du piratage des polices est souvent cité comme un obstacle à leur téléchargement en même temps que la page web qui les utilise. En fait, comme nous l'avons vu, le problème est d'abord de nature technique et stratégique, avant de se poser sur le plan juridique. |
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Le développement d'Internet entraînera-t-il une modification du droit de la propriété intellectuelle ? C'est principalement dans le domaine du son que le problème est pour l'instant posé. La typographie ne soulève pas les mêmes passions que le MP3, parce que les éditeurs de livres ne sont pas assis sur un tas d'or comme leurs collègues éditeurs de musique. |
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| Les aspects éthiques | |||||||||||
Nous traitons brièvement ces aspects, qui sont d'une grande importance pour le web, mais qui n'ont pas d'incidence sur la typographie. Trois points méritent d'être signalés pour mémoire : |
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| Quel avenir pour la typographie du web ? | |||||||||||
Dans le grand tableau général de concurrence qui s'annonce entre l'imprimé et l'affiché, la typographie n'est qu'un élément particulier, dont il est difficile d'évaluer l'importance réelle. Bien entendu, le contenu prime ; mais plus le temps passe, plus les concepteurs de sites attachent de l'importance à la présentation. L'époque héroïque du web est passée ; le texte noir sur fond gris, l'absence de marge, la mise en page restreinte au saut de ligne, la typographie réduite à la police proportionnelle par défaut -- tout cela a pratiquement disparu. Le message est primordial, certes, mais... écoutez-vous jusqu'au bout un discours prononcé d'une voix monocorde par un orateur qui mâche la moitié de ses mots ? |
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Ceci dit, des raisons techniques péremptoires font que, contrairement à la typographie de l'imprimé qui a évolué vers plus de confort et d'élégance, la typographie du web évoluera probablement vers une meilleure lisibilité, une plus grande fantaisie, et un usage plus fréquent de la couleur. |
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