Accueil Recherche | Plan Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base
logo CERIG NOTE TECHNIQUE cerig.efpg.inpg.fr 
Vous êtes ici : Accueil >Technique > Internet et le web > Les feuilles de style
          Septembre 1999
Note précédente Liste des notes     Les feuilles de style     Page technique Note suivante
 
Jean-Claude Sohm (CERIG / EFPG)
(14 septembre 1999)
 

Les feuilles de style ont été conçues pour améliorer la présentation des pages web, et faciliter la maintenance de la charte graphique d'un site. Elles ne sont pas implémentées dans la version 3 des deux grands navigateurs, peu (et mal) dans la version 4. Il en résulte qu'elles ne sont guère utilisées. Leur avenir à court terme dépend de la manière dont la version 5 du navigateur de Netscape les traitera.
 

Introduction

En savoir plus sur les feuilles de style...

La notion de style est bien connue des utilisateurs de traitement de texte. Les feuilles de style en cascade (CSS, Cascading Style Sheet) ne sont rien d'autre que l'application de cette technique au web. Une idée que tout le monde s'entend à trouver bonne, et que certains éditeurs de logiciel (et non des moindres : Microsoft, par exemple) ont vigoureusement défendue devant le World Wide Web Consortium (appelé W3C en abrégé).

Le terme "feuille" signifie que le style d'une page web peut être défini dans un fichier séparé, et s'appliquer si on le désire à tout une ensemble de pages web, auxquelles on assure ainsi une présentation uniforme. Si l'on veut modifier cette dernière, il suffit d'intervenir dans la feuille de style seule, au lieu de corriger chaque page séparément.

Le terme "cascade" signifie qu'un style défini à un niveau donné s'applique automatiquement aux niveaux hiérarchiquement inférieurs. Par exemple, si une couleur de police est définie au niveau de la page, elle s'applique ipso facto à tous les paragraphes de la page.

L'utilisation des feuilles de style devrait permettre d'améliorer les sites web sur les trois points suivants.

   

La présentation des pages web. Les concepteurs vont pouvoir agir sur des paramètres qui pour l'instant leur échappent partiellement ou totalement, au niveau du bloc de texte ou du caractère.

 

La manipulation du code HTML. Le regroupement, même partiel, des attributs de style en tête du document ou dans un fichier séparé, devrait faciliter la maintenance du code.

 

La charte graphique du site web. Les feuilles de style externes devraient en faciliter la création et la maintenance.

Mais... où sont donc passées toutes ces belles promesses ?
 

Une technique qui piétine

Le W3C publia la première version des "recommandations" relatives aux feuilles de style le 17 décembre 1996. Trois ans ou presque, sur Internet, c'est presque un siècle... Et pourtant, les CSS sont toujours très peu utilisées. Il y a deux causes principales à cette désaffection.

   

Seules les versions 4 des deux principaux navigateurs reconnaissent les CSS. La version 3 d'Internet Explorer (Microsoft) les reconnaissait un peu, mais pas celle du Navigator de Netscape. Or la version 3 du Navigator possède, encore aujourd'hui (écrit en juillet 1999), une base installée notable. Les concepteurs de sites n'aiment pas utiliser des techniques qui limitent leur audience. Que l'on se souvienne de ce qui s'est produit lorsque Netscape introduisit les cadres.

 

Les versions 4 des deux principaux navigateurs implémentent très mal les commandes des CSS. De plus, les commandes reconnues ne sont pas toujours exécutées correctement : les bugs foisonnent. Enfin, les deux navigateurs ne traitent pas toujours la même commande de la même façon. Quand on élimine des feuilles de style ce qui ne marche pas correctement dans les versions 4 des deux navigateurs, il ne reste pas grand'chose à utiliser. Pour les cadres, certains sites avaient affiché le choix "Frames/No frames". Aucun n'affiche "CSS/No CSS". Et pour cause : la différence serait si minime, que le jeu n'en vaudrait pas la chandelle.

Les spécifications des feuilles de style ne sont pas en cause : tout le monde s'accorde à dire que le W3C a correctement rempli son rôle. C'est l'implémentation de ces spécifications dans les navigateurs qui n'a pas été correctement effectuée jusqu'à présent. Et, il faut bien le reconnaître, le navigateur de Netscape est le plus mauvais des deux sur ce point. Il n'y a rien de surprenant à cela : aux cours des années passées, la société Netscape n'a pas caché qu'elle ne voyait pas les feuilles de style d'un œil favorable.

Aux deux raisons précédentes, qui sont prépondérantes, on peut en ajouter deux autres :

   

Les techniques de mise en forme des pages web à l'aide de tableaux invisibles sont bien au point. Les bugs des deux navigateurs sont bien connus, et les concepteurs ont appris à les contourner. En utilisant l'espace insécable et l'image gif monopixel transparente, les concepteurs font merveille. Ils n'attendent donc pas les feuilles de style comme le messie.

 

Un malentendu règne à propos des CSS. Les partisans les plus zélés des feuilles de style se répandent en propos délirants : les CSS seraient au point, il n'y aurait plus qu'à les utiliser, les techniques courantes de mise en forme des pages web seraient d'ores et déjà obsolètes, et seule une poignée de rétrogrades s'en servirait encore... Les concepteurs de sites, qui ne veulent pas passer pour des attardés, utilisent les feuilles de style comme argument marketing -- pour faire croire au client qu'ils sont bien à la page.

Tordons le cou, au passage, à une idée toute faite qui veut que les feuilles de style soient destinées à remplacer complètement les tableaux invisibles dans la mise en forme des pages web. Pour quelqu'un de sensé, les deux techniques sont complémentaires. Si certains détails de mise en forme ne sont accessibles que grâce aux feuilles de style, d'autres ne sont réalisables que grâce aux tableaux invisibles : la gestion correcte des puces graphiques, ou la disposition complexe de blocs de texte et d'images dans une page, par exemple. En outre, les tableaux tiennent mieux compte que les CSS du fait que le web est un media élastique dans le sens de la largeur (l'internaute peut régler comme il veut la résolution et la largeur de la fenêtre de son navigateur, et l'affichage doit suivre).

Que faire des CSS ?

Concrètement, quel  plus les CSS peuvent-elles nous apporter aujourd'hui, si nous voulons absolument les utiliser ? Les possibilités d'action sont réduites, comme le montre la liste ci-dessous. Si vous possédez une version récente (4 ou supérieure) de l'un des deux navigateurs, vous constaterez l'effet annoncé.

   

L'interligne. Vous pouvez le régler, théoriquement point par point. Examinez les deux paragraphes suivants :

Ce paragraphe possède
une hauteur de ligne standard
Ce paragraphe possède
une hauteur de ligne plus grande (25 points)
 

La graisse des caractères. Vous pouvez vous offrir des caractères extra-gras (graisse de 900). Les autres graisses (de 100 à 800) sont implémentées n'importe comment. Examinez les trois lignes suivantes :

Voici des caractères normaux
Voici des caractères gras, obtenus grâce à la balise <strong>
Voici une graisse de 900, obtenue grâce aux CSS

Si vous utilisez un Mac, vous ne verrez aucune différence entre les deux dernières lignes. De plus, quelle soit la plate-forme que vous utilisez, la graisse de 900 ne sera pas reproduite à l'impression.

 

La taille des caractères. Le HTML prévoit 7 tailles de caractères (8-10-12-14-18-24 et 36 pts). Les CSS vous permettent de régler la taille des caractères comme vous le voulez. Vous pouvez aller...

du très petit
au très grand !
et même au-delà si vous en avez envie !
 

Le surlignage du texte. Vous pouvez surligner votre texte avec la couleur de votre choix. Cette phrase est surlignée en jaune. Cette phrase, par contre, ne l'est pas.

Le texte oblique, les petites majuscules, certaines décorations spéciales, l'espacement des caractères, etc. ne sont pas implémentées -- ou pas correctement -- dans le navigateur de Netscape.

L'avenir des feuilles de style

Cet avenir est entre les mains des deux grands éditeurs de logiciels de navigation, car les concepteurs de sites ne peuvent utiliser que les commandes qui sont implémentées correctement dans les deux navigateurs. Plus précisément, à l'heure actuelle, l'avenir des CSS est entre les mains de Netscape, et ce pour deux raisons :

    La version 4.5 du navigateur de Netscape traite plus mal les CSS que son homologue de Microsoft.
 

Netscape détient encore les 2/3 des parts du marché des navigateurs -- si l'on exclut les abonnés d'AOL, obligés d'utiliser un "produit maison" dérivé de celui de Microsoft.

La version 5 du navigateur de Netscape doit être publiée au mois de décembre prochain. Son moteur (le cœur du logiciel), qui était plutôt lent et assez bogué, a été complètement récrit. Il est actuellement en phase de test alpha. Que peut-on en espérer ?

L'avenir des feuilles de style

L'avenir des feuilles de style est en suspens, jusqu'à la publication de la version 5 du navigateur de Netscape, au mois de décembre 1999.

  

Les concepteurs américains de sites web qui ont eu des contacts directs avec Netscape, se sont plaints à plusieurs reprises que l'équipe responsable du développement du navigateur n'était pas très ouverte aux problèmes des infographistes. Ils citent comme preuve (entre autres exemples) le bug qui fait que les images de fond de tableau ne s'affichent pas correctement dans le Navigator, bug qui n'a jamais été corrigé, malgré de multiples demandes. En ce qui concerne les CSS, une pétition a été signée et portée chez Netscape. Soumis à une certaine pression, l'éditeur a fait de belles promesses, que certains inconditionnels prennent pour argent comptant. Il est certes loisible de penser que Netscape peut difficilement prendre le risque, vis à vis de la communauté des internautes, de se désintéresser plus longtemps des feuilles de style. Restons cependant prudents, et attendons qu'une version d'évaluation soit rendue publique pour nous faire une opinion.

Du côté de Microsoft, les choses bougent également : dans une récente conférence de presse, le responsable des produits Mac a annoncé que la version 5 d'Internet Explorer serait publiée en retard (cet hiver, au lieu de cet automne), mais qu'elle serait en "strict compliance" avec les spécifications CSS (version 1) du W3C. S'il en est bien ainsi, l'actuelle version 5 pour PC devrait suivre rapidement le même chemin.

Tirons donc une conclusion optimiste : en l'an 2000, les versions 5 des deux navigateurs implémenteront correctement la version 1 des feuilles de style. L'expérience passée montrant qu'il faut environ deux ans pour que la majorité des internautes mettent à jour leur navigateur, les feuilles de style deviendront d'un usage courant en 2002.

Note précédente Liste des notes Page technique  Note suivante 
 
Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base
 
Copyright © CERIG/EFPG 1996-2002
Mise en page : J.C. Sohm