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Révision : 16 octobre 2000 |
Les sociétés de services en ligne destinées au monde de l'imprimerie sont en plein essor. Leur nombre ne cesse d'augmenter chaque jour. Pour le secteur spécifique des Industries Graphiques, le nombre de sociétés de e-commerce est impressionnant : près d'une centaine ont été créées depuis un an à peine, et cela uniquement sur les États Unis. Cette nouvelle forme de commerce arrive aujourd'hui progressivement en Europe. Elle ne manque pas de susciter de nombreuses interrogations de la part des imprimeurs, notamment en France.
Qui sont ces sociétés ? Que font elles ? Avec quels moyens techniques se développent-elles ? Quels services apportent-elles réellement aux entreprises du secteur graphique ? Sur quel segment de marchés interviennent-elles ?
Afin d'apporter des éléments de réponse à ces interrogations et pour mieux comprendre les enjeux, le Cerig propose d'analyser et de classer ces sociétés par types d'activité, car l'offre est très diversifiée.
Un contexte économique favorable
En savoir plus...
sur le "e-business" dans les industries Graphiques :
- E-Commerce : More new players join as old one sort out PCX, JDF, etc. J. Parson, Seybold Report on Publishing Systems, Vol 29 N°18, August 21, 2000
- Les "Print Portals" : le modèle commerciale du Futur ? P. Ansoms, Nouvelles Graphiques, Août 2000
- Got eCommerce ? N. Ward
- Here Come the Print Dot-Com Choppers! L. Quadracci
- Les modèles du Net ont des ratés L.Mauriac et C. Maussion
Profitant d'un contexte économique, où la rentabilité des investissements en matériel est essentiel pour la bonne marche d'une entreprise, les sociétés de "e-commerce", ou plus justement de "e-business" car il s'agit de commerce entre sociétés, semblent avoir à priori une offre de service intéressante pour la profession. Leur principe repose sur la mise en place d'une interface clients/imprimeurs sur un site web. Elles offrent ainsi aux imprimeurs la possibilité de trouver de nouveaux clients et d'améliorer leur relation avec leur ancienne clientèle. Aux clients (éditeurs ou autres), elles permettent de contacter rapidement de nombreux imprimeurs pour obtenir des devis sur une offre de travail. La proposition semble donc à priori alléchante. Cependant, et c'est peut-être là que se situe le problème, ces services ne sont pas gratuits notamment pour les imprimeurs. En effet, ces derniers devront être membres ou partenaires des sites pour accéder aux appels d'offres c'est à dire payer un droit d'entrée, calculé selon des modalités variables. A ce droit d'entrée se rajoutera le plus souvent un pourcentage sur les transactions réalisées par l'intermédiaire de la plate-forme Web (généralement entre 2 et 7 %). Pour les clients ou donneurs d'ordres, le coût du service est beaucoup plus modeste, voire nul. Le résultat est implicite, le nombre d'imprimeurs américains adhérents réellement à ces plates-formes reste encore relativement faible, et c'est souvent plutôt contraints et forcés par leurs donneurs d'ordres que les imprimeurs deviennent adhérents des plate-formes d'affaires.
Un large éventail de prestations
Un étudiant américain du RIT (Rochester Institute of Technology) dénombrait le mois dernier, près de 200 sociétés ayant une activité liée au e-business dans le contexte industriel. Il est vrai que son classement répertoriait des sociétés présentant une très large offre de service. L'éventail des prestations décrites était beaucoup trop important pour être traité dans un même article. Nous avons donc limité notre étude à ce que l'on appelle les "plate-formes d'affaires sur Internet". Elles sont apparus il y a environ un an aux États Unis et cherchent actuellement à s'introduire sur le marché européen et même français. Rien que dans ce secteur particulier, deux catégories de sites se distinguent : d'un coté les places d'affaires ou RFQ, et de l'autre les plates-formes d'affaires intégrées.
les place d'affaires sur Internet (encore appelées des RFQ (pour Request for Quotation, ou demande de
prix). Ces sites permettent à des acheteurs de définir leurs travaux d'impressions à l'aide de formulaires électroniques
pré-établis et de lancer des appels d'offres aux imprimeurs affiliés au site Web de ces places d'affaires. En retour, ils reçoivent les
propositions de prix des imprimeurs. Les sociétés (RFQ) jouent donc un rôle d'intermédiaire neutre. Elles se contentent d'offrir
uniquement un lieu de rencontre entre acheteurs et imprimeurs. Généralement, l'utilisation du site est gratuite pour les acheteurs et
payante pour les imprimeurs. |
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les Plate-formes d'affaires intégrées. Plus sophistiqués que les premiers, ces sites proposent des fonctionnalités de suivi des commandes passées en ligne. Déjà en 1996, iPrint.com était le premier à mettre en place un service de courtage en ligne. Plus récemment, d'autres acteurs sont venus le rejoindre. Il s'agit de Noosh, Impresse, Printchannel, PrintConnect, Print Cafe, Mediaflex et bien d'autres encore. Contrairement aux sites RFQ qui insistent sur la perspective de nouveaux clients, ces sociétés mettent plutôt en avant le renforcement des relations existantes entre les acheteurs et les imprimeurs, en fournissant aux deux parties une interface de communication qui leur permettent d'avoir plus d'efficacité dans leur contact -- que ce soit au moment de la commande, ou plus loin dans le suivi et la validation des différentes étapes de réalisation de cette commande. Les services que l'on retrouve chez la plupart de ces sociétés sont : appels d'offres, commandes, préparation de l'imprimé à l'aide de modèles (templates), transmission d'épreuves, suivi logistique et facturation. Techniquement, il s'agit pour l'imprimeur soit d'utiliser l'interface proposée par le site, soit de personnaliser cette interface avec le logo et les couleurs de l'imprimeur. Cependant, dans tous les cas, l'application tourne uniquement sur le site du fournisseur. Ce qui revient à dire que l'imprimeur aura une partie de son propre site externalisé chez le fournisseur, le coût des prestations étant liées à ce service. En général, les imprimeurs ont à payer une licence dont le coût est relativement important. De plus, ils doivent également payer un pourcentage sur les transactions générées par le web. Le client ou acheteur verse, lui, une modeste contribution mensuelle. Les avantages annoncés aux imprimeurs sont d'une part une disponibilité de 24 heures sur 24, et d'autre part une réduction des tâches pour la préparation et la validation des données. Les clients, quant à eux, apprécient la facilité d'emploi. Là encore, la sélection se pratique surtout les prix. |
Depuis la dernière DRUPA, ces sociétés de "e-business", et notamment les plate-formes d'affaires intégrées, ont fait couler beaucoup d'encre dans les magazines professionnels. Chaque site ayant des spécificités propres, nous avons regroupé dans un tableau comparatif les conditions d'accès et les coûts de quelques sociétés parmi les plus citées aujourd'hui.
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La lecture de ce tableau confirme des coûts de service très élevés, et finalement un nombre d'utilisateurs relativement modeste à ce jour. Ce constat nous amène donc à nous interroger sur l'utilité de ces sites par rapport aux services réellement apportés aux imprimeurs.
Conclusion
Aux États Unis, des opinions opposées se dégagent à propos de ces sociétés de "e-business". D'un coté, de nombreux imprimeurs, parmi les plus importants, prennent clairement parti contre l'offre des sociétés de "e-business". L'imprimerie Quad Graphics, par exemple, décrit dans un article signé de son président, les raisons de ses opinions. Pour Larry Quadracci, ces sociétés ne sont rien d'autres que des sociétés de courtage. Elles se positionnent en intermédiaire dans les relations entre l'imprimeur et son client et bien entendu prélèvent un tribu (entre 2 et 6 % des transactions, ce qui est loin d'être négligeable) pour leur intervention, alors qu'elles ne supportent aucun des risques financiers pris par l'imprimeur. Leur action se limite en effet à la mise relation des clients et des imprimeurs à l'aide d'une base de données.
Pour des imprimeurs de taille moins importante, la possibilité de drainer de nouveaux clients est sans doute un argument de poids. Cependant, et les chiffres du tableau ci-dessus nous le confirment, les adhésions à ces plates-formes ne sont pas massives pour l'instant.
Au delà d'un simple phénomène de mode, il est important de bien comprendre les enjeux de cette nouvelle économie et de se poser les bonnes questions. Le monde de l'imprimerie a-t-il réellement besoin de ce type de société pour envisager le commerce dans les années à venir ? Difficile de répondre. Cependant, si les sites de "e-business" n'apportent pas une réelle valeur ajoutée aux imprimeurs, les sociétés qui les gèrent péricliteront.
Une autre voie se dessine, basée sur la standardisation d'un langage (issu du XML) propre à la profession. Parmi les projets, on peut citer PrintML (pour Printing Industry Markup Language, ou langage de description de pages pour l'industrie graphique), une application professionnelle dérivée du langage XML. Cette application normative permet aux imprimeurs, à leurs clients, et à leurs fournisseurs de s'échanger des messages d'ordinateur à ordinateur par l'intermédiaire d'Internet. Sont concernés : les demandes de prix, les relevés de consommation papier, les instructions de fabrication et de livraison, et plus généralement toutes les informations de gestion.
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