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| Vous êtes ici : Accueil > Technique > Procédés > La qualité dans l'impression des journaux | Révision : 06 juin 2008 |
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La qualité dans l'impression des journaux Anne Blayo, Bernard Pineaux, Lionel Chagas (Juin 2008) Article rédigé par Laurent Favier et Dominique Pin, paru dans "Papiers de Presse Informations" n°2095 de Décembre 2007, www.cfpp-sppp.fr |
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Le 28 septembre 2007 s'est tenu le traditionnel Séminaire Technique de la SPPP organisé avec le concours de l'EFPG, sur le thème "La presse et la qualité". Les enseignants de l'EFPG ont rappelé les principes fondamentaux de la qualité dans l'impression des journaux.
Rappel des critères de qualité
En savoir plus :
Les attentes en qualité d'impression sont diverses selon que l'on se place du côté des lecteurs, des annonceurs, des imprimeurs, de la rédaction ou de l'éditeur. Par ailleurs, il faut souligner que seuls les paramètres mesurables peuvent être améliorés...
1 - Les lecteurs
Les attentes des lecteurs portent sur :
| Le contenu rédactionnel : ce sujet n'a pas été traité lors de ce séminaire. | |||
| La lisibilité : il s'agit de la typographie, la mise en page, la transvision et la dépouille (contraste entre les zones imprimantes et non imprimantes). | |||
| La qualité des reproductions des photos. | |||
| L'ergonomie (format et pagination) : c'est la rigidité et la tenue du journal déplié qui doit, cependant, être manipulable dans un environnement restreint (transport en commun). | |||
| Les mains propres. |
2 - Les annonceurs
Les critères de qualité des annonceurs concernent :
| La visibilité : position de l'annonce dans le journal, de son impact visuel, notamment les couleurs. | |||
| La fidélité de reproduction : notamment les couleurs et la transvision. | |||
| Conformité au bon à tirer. |
3 - Les imprimeurs
Les critères de qualité des imprimeurs recouvrent les attentes suivantes :
| La machinabilité : concerne les matières premières, papier, encres, plaques, blanchets, solution de mouillage. | |||
| Prédictibilité du procédé : intègre le prépresse, la régulation des tensions de bandes et des densités optiques. | |||
| La constance des performances : maîtrise du procédé et des méthodes. | |||
| L'atteinte des valeurs cibles : densités d'impression, délais, productivité. |
4 - La rédaction
Pour la rédaction, la qualité se traduit par :
| L'absence de barres de contrôle : la rédaction s'oppose souvent à l'impression de barres de contrôle qui perturbent la maquette. | |||
| Des délais respectés. | |||
| Le juste à temps : réactivité aux modifications de dernière minute. |
5 - L'éditeur
Les critères de qualité de l'éditeur recouvrent les attentes suivantes :
| La mise en valeur du contenu. | |||
| La fidélisation et le développement du lectorat. | |||
| La rentabilité du journal. |
La conversion des attentes qualitatives en spécifications techniques
L'objectif du déploiement de la fonction "qualité" (QFD) est de convertir les besoins du client en spécifications fonctionnelles, afin de les intégrer dès la conception du produit. La méthode utilisée s'appuie sur la construction d'un tableau appelé Maison de la Qualité [Figure 1].
La première étape est de définir les attentes du client et d'affecter à chacune d'elles un poids de 1 à 10 en fonction de son importance. Les moyens de répondre à ces attentes sont parallèlement répertoriés dans la ligne "spécifications". Une corrélation est ensuite affectée à chaque couple attente/spécification : 9 pour une corrélation forte, 3 pour une corrélation moyenne et 0 pour faible.La Maison de la Qualité ainsi construite permet d'affecter un poids à chacune des spécifications selon la formule suivante :
Poids relatif de la spécification N = Somme ((poids des attentes) x (poids des corrélations)) / 10
Les spécifications sont ainsi classées en fonction de leur capacité à répondre aux attentes du client. Cette méthode permet de définir les spécifications sur lesquelles travailler en priorité.
Pour être efficace, ce travail doit être effectué par un public diversifié réunissant l'ensemble des acteurs de la chaîne qualité.
Maison de la Qualité
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| Figure 1 - Maison de la Qualité sur les attentes des clients
des imprimeurs en termes de qualité d'impression |
Quels paramètres contrôler sur rotative ?
1 - Rappels de densitométrie
En matière de densitométrie, plus le matériau absorbe de la lumière, plus la densité optique est forte [Figure 2].
Une densité se mesure de la façon suivante :D = - log (IR / IO)
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| Figure 2 - Densité optique par réflexion IR = intensité lumineuse réfléchie IO = intensité lumineuse incidente |
2 - Principe de fonctionnement d'un densitomètre à géométrie 0°/45°
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| Figure 3 - Principe de fonctionnement d'un densitomètre à géométrie 0°/45° |
3 - Calibrage d'un densitomètre
Les mesures de densité optique doivent toujours être réalisées sur un même arrière-plan. Par ailleurs, pour éviter tout risque de surévaluation, ces mesures ne doivent surtout pas se faire sur la pile d'exemplaires précédemment contrôlés. L'imprimé à mesurer doit, idéalement, être posé sur un paquet de feuilles vierges.
L'usage de filtres polarisateurs permet de minimiser la différence entre les densités "humides" et les densités "sèches".Préalablement à toute mesure, un étalonnage du densitomètre doit impérativement être effectué sur le papier vierge.
4 - Formule de Murray-Davies
Les pourcentages de couverture sont calculés par le densitomètre selon la formule de Murray-Davies :
- a = aire couverte par les points de trame
- Dt = densité optique de la surface tramée
- Da = densité optique de l'aplat5 - Courbe de reproduction tonale
L'augmentation de la valeur tonale (AVT) (ou élargissement du point de trame) est calculé selon la formule suivante :
AVT = ai - ath
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| Figure 4 - Courbe de reproduction tonale |
6 - Augmentation de la valeur tonale : deux composantes
Deux éléments sont à l'origine de l'augmentation de la valeur tonale :
| L'élargissement optique : par diffusion et réflexions multiples à l'intérieur du papier, une partie des rayons incidents arrivant entre les points de trame ressort du papier sous les points de trame (au lieu de ressortir entre les points) et sont ainsi absorbés. L'image apparaît donc plus sombre, comme si les points étaient plus gros. L'élargissement optique ne peut être minimisé. | |||
| L'élargissement mécanique : il peut être limité et contrôlé. Il est influencé par l'exposition de la plaque, la viscosité de l'émulsion eau/encre et les pressions exercées entre les cylindres. |
7 - L'indice de contraste relatif
Le contraste (K) caractérise le compromis entre la densité d'aplat maximale et l'élargissement minimal. Il est mesuré de la façon suivante :
Da = densité d'aplat
D50 = densité d'une plage à 50% de couverture8 - Densité d'aplat ou élargissement du point ?
La densité d'aplat et l'élargissement du point ne peuvent, pris individuellement, permettre le diagnostic d'un défaut d'impression. Une densité d'aplat trop élevée peut être due à un excès d'encre mais aussi à un manque de solution de mouillage. De même, un élargissement excessif du point de trame peut être causé par un excès d'encre ou de solution de mouillage ou de pression, ou encore par une plaque "positive" sous-exposée.
Il est nécessaire de disposer des deux paramètres (densité d'aplat et élargissement du point de trame) pour déterminer avec plus de précision les points sur lesquels il est nécessaire d'agir [Tableau 1].
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| Tableau 1 Da = densité d'aplat AVT = augmentation de la valeur tonale ou élargissement du point de trame SDM = solution de mouillage |
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9 - Le challenge de l'imprimeur offset
Trois défis doivent être relevés par l'imprimeur offset :
| Avoir une densité d'aplat la plus élevée possible. | |||
| Minimiser l'élargissement du point de trame. | |||
| Utiliser un minimum d'encre et de solution de mouillage. |
L'obtention du meilleur compromis entre ces trois objectifs passe impérativement par un démarrage de la rotative, en limite de sèche, c'est-à-dire avec le minimum de solution de mouillage. L'élargissement du point est ainsi minimisé et les consommations d'encre et de solution de mouillage maîtrisées.
10 - Rappels de colorimétrie
La couleur est l'impression que fait sur l'oeil la lumière réfléchie ou transmise par un objet [Figure 5].
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| Figure 5 - Colorimétrie |
11 - L'objectif de la colorimétrie
L'objectif de la colorimétrie est d'exprimer en chiffres la perception de la couleur par l'oeil humain, de définir les écarts de couleur ainsi que les tolérances admises pour ces écarts. Il est essentiel que l'écart de couleur calculé soit conforme à l'écart perçu visiblement.
12 - Spectre de réflectance, spectre de la source
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| Figure 6 - Spectre de réflectance, spectre de la source |
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| Figure 7 - Spectre de réflectance, spectre de la source |
13 - Diagramme de chromaticité de la CIE (1931)
Différents modèles ont été élaborés par la Commission Internationale de l'Éclairage (CIE) pour caractériser une couleur.
On déforme l'espace pour que les distances entre les points soient conformes à la perception [Figure 8].
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| Figure 8 - Diagramme de chromaticité de la CIE |
14 - Système L*, a*, b*
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| Figure 9 - Système L*,a*,b* |
L* = [0, 100]
a* = [vert, rouge]
b* = [bleu, jaune]L = Luminance
15 - Définition de l'écart de couleur
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| Figure 10 - Définition de l'écart de couleur |
16 - Mesure des écarts de couleur
ΔΕ = (ΔL*2 + Δa*2 + Δb*2)1/2
| ΔΕ < 1 : différence de couleur non perceptible, donc acceptable. | |||
| 1 < ΔΕ < 3 : différence de couleur perceptible, mais peut être acceptable. | |||
| ΔΕ > 3 : différence de couleur perceptible et non acceptable. |
17 - Colorimétrie versus densitométrie
Un spectrophotomètre calcule la couleur (L, a*, b*) sur l'ensemble du spectre, la référence étant le blanc absolu. Il permet également de comparer la mesure avec une couleur de référence [Figure 11].
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| Figure 11 - Spectrophotométrie |
Les outils de contrôle : barres de contrôles et formes test
1 - Objectifs
L'utilisation de barres de contrôle et de formes test a pour objectif l'évaluation et la maîtrise de la qualité d'impression.
2 - Critères récupérables sur le support imprimé
En termes de colorimétrie, les critères mesurables sur l'imprimé sont les densités, le pourcentage de couverture, le contraste, le trapping (incidence de la superposition de deux encres), les couleurs, les valeurs de gris, la blancheur et la brillance.
Les critères d'optique "mesurables", sur le support imprimé, sont l'étalement de l'encre (microligne, netteté d'impression d'une encre), la forme des points de trame, la régularité des textes, la transvision et la netteté d'une impression sur une autre (microlignes l'une sur l'autre).
3 - Les barres de contrôle
Les barres de contrôle présentent des spécificités propres à chaque étape de la chaîne graphique.
Barre de contrôle du système d'épreuvage (Media Wedge de Ugra/Fogra - description en CMJN)
Cette barre est standardisée pour les systèmes d'épreuvage numérique et contient les plages objectifs décrites dans les normes 12647 [Figure 12].
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| Figure 12 - Barre de contrôle du système d'épreuvage (Media Wedge de Ugra / Fogra - description en CMJN) |
[CMYK = CMJN = quadrichromie (cyan, magenta, jaune, noir)]
Barre de contrôle du système d'épreuvage (Media Wedge de Ugra/Fogra - description en L* a* b* ou CIELAB)
Cette barre est d'un usage plus général. Elle permet le contrôle de la qualité des profils de conversion colorimétrique [Figure 13].
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| Figure 13 - Barre de contrôle du système d'épreuvage (Media Wedge de Ugra / Fogra - description en L* a* b* ou CIELAB) |
Disposition des couleurs de la mire dans un espace L* a* b*
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| Figure 14 - Disposition des couleurs de la mire dans un espace L* a* b* |
Barre de contrôle pour la sortie des données au format PS (film ou plaque)
Elle permet d'évaluer la précision d'insolation du laser et permet un contrôle des lignes, points et paramètres du RIP [Figure 15].
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| Figure 15 - Barre de contrôle pour la sortie des données au format PS (film ou plaque) |
Barre de contrôle pour la copie film-plaque
Elle permet d'évaluer le temps d'insolation optimum (microlignes), de contrôler la formation des points de trame sur la plaque et le développement des plaques (plages de tons continus) [Figure 16].
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| Figure 16 - Barre de contrôle pour la copie film-plaque |
Barre de contrôle pour l'insolation directe des plaques
Elle permet d'évaluer la précision de l'insolation du laser et de contrôler la formation des points de trame et des lignes sur la plaque [Figure 17].
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| Figure 17 - Barre de contrôle pour l'insolation directe des plaques |
Barre de contrôle pour la presse numérique
Elle permet de contrôler la formation des points de trame et des lignes sur la plaque [Figure 18].
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| Figure 18 - Barre de contrôle pour la presse numérique |
Autres barres de contrôle
Cette barre permet le contrôle de l'encrage sur presse, de l'aplat, de l'augmentation de la valeur tonale (à 40% et 80% de couverture), des superpositions 2 et 3 couleurs, du glissement et du doublage [Figure 19].
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| Figure 19 - Autre barre de contôle (encrage, aplat,
augmentation de la valeur tonale, superposition de couleurs, glissement, doublage) |
Cette barre permet de mesurer l'ensemble des paramètres d'impression. Sa taille est de 10 X 13 mm [Figure 20].
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| Figure 20 - Barre de contrôle des paramètres d'impression |
4 - Les forms test
Pavés de couleur mesurables
Ce form test permet la détermination du gamut, la création des profils couleur et le contrôle des densités d'aplats, de l'élargissement des points (AVT), de la balance de gris, du pourcentage maximum de couverture (TAC), de l'impression en superposition de 2,3 et 4 couleurs [Figure 21].
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| Figure 21 - Forme test : pavés de couleur mesurables |
Form test visuel : ALTONA
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| Figure 22 - Form test Altona |
5 - Le TAC : Total Area Coverage
Le TAC correspond à la valeur d'encrage maximum admissible pour un procédé donné et un support donné.
La limitation de cette valeur permet un meilleur séchage des encres (moins de maculage, de salissures,...) et des économies d'encre.
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| Figure 23 - TAC : Total Area Coverage |
Form test pour évaluer le TAC
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| Figure 24 - Form test pour évaluer le TAC |
6 - Le retrait de sous-couleur
Le retrait de sous-couleur GCR (Grey Color Reduction) est recommandé dans l'impression des journaux. Il permet d'optimiser les quantités d'encre nécessaires à l'impression et ainsi de minimiser le maculage, les salissures ainsi que les variations de couleurs au cours de l'impression.
7 - Balance des gris
Valeurs des pourcentages de couverture pour obtenir un gris neutre (norme 12647_3 2005). [Tableau 2] [Figure 25]
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| Tableau 2 | |||||||||||||||||||||||
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| Figure 25 - Balance des gris |
Webographie
IFRA : http://www.ifra.com/website/website.nsf/index.html?readform&0&F&
European Color Initiative (ECI) : http://www.eci.org/doku.php?id=en:start
Altona Test Suite : http://www.altonatestsuite.de/index.php
General Requirements for Applications in Commercial Offset Lithography (GRACoL) : http://www.gracol.com/
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