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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > De la fibre à la pâte à papier, 2000 ans d'évolutions > Le recyclage des vieux papiers Révision : 14 septembre 2006  
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De la fibre à la pâte à papier :
2000 ans d'évolutions
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
numéro spécial, 2005
Mise en ligne : Septembre 2006

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X - Le recyclage des vieux papiers

Le recyclage des vieux papiers est très ancien et certainement lié à la récupération des chiffons. Au début du XIe siècle, il existe déjà au Japon des papiers, connus sous le nom de Kamiya-gami, fabriqués à partir de vieux papiers.

  Vieux papiers pour désencrage  
Figure 31 - Vieux papiers pour désencrage

En revanche, la récupération pour revalorisation après désencrage est plus récente. Les informations les plus anciennes concernant ce procédé remontent en 1695 : le danois George Illy utilise dans son moulin à papier des papiers imprimés "délavés" réalisant ainsi, en l’état actuel de nos connaissances, le premier désencrage par lavage. Cent ans plus tard, un premier brevet concernant ce type de désencrage est accordé en Angleterre à Matthias Koops : en 1800, il publie une édition imprimée sur des papiers dont certains sont issus de pâte de bois, d’autres de pâte de paille, le reste étant à base de vieux papiers désencrés. Les premières références du désencrage par lavage aux USA sont mis à l’actif d’un certain H.E. Rogers en 1849. Un siècle plus tard, aux États-Unis, il y a 48 installations de désencrage utilisant le lavage, technique la plus utilisée en Amérique du Nord durant tout le XXe siècle. Cette méthode très simple consiste à détacher l’encre du papier lors de sa désintégration en présence de soude dans le cas où les encres sont non solubles dans l’eau (encres offset par exemple). Cette trituration peut se faire quelquefois en présence d’agents de blanchiment. La pâte triturée est ensuite envoyée sur une toile fine en réalisant un rinçage avec beaucoup d’eau qui élimine les pigments d’encre plus petits, la toile retenant les fibres désencrées. Cette technique très efficiente pour le rendement du désencrage a l'inconvénient d’entraîner une grande consommation d’eau. Cependant, elle reste longtemps la technique la plus employée.

  Cellules de flottation en série pour le désencrage des papiers  
Figure 32 - Cellules de flottation en série
pour le désencrage des papiers (Doc. Voith)

En Europe, après la Seconde Guerre mondiale, la technique de désencrage par flottation est préférée. Le principe de la flottation, tel qu’il est utilisé de nos jours, semble très ancien. Plusieurs historiens racontent que les hommes y ont eu recours pour séparer la poudre d’or de la boue
(cf. Histoire - Livre IV : Melpomène d'Hérodote ; le mythe de la Toison d’or…). Les premiers à préconiser la technique par flottation pour éliminer l’encre des vieux papiers sont Berl et Pfammuller en 1925. La première installation industrielle utilisant ce procédé est initiée par l’Américain J.W. Jelks en 1950. Cette méthode très utilisée en Europe après 1960 nécessite une consommation d’eau moindre mais conduit à une moins bonne efficience du désencrage.

Actuellement les installations industrielles combinent les deux techniques : un premier stade par flottation, suivi d’un stade essorage/lavage. La séquence de désencrage est, dans la majorité des cas, suivie par une séquence de blanchiment.

À la fin des années 60, l’usine de Turckheim en Alsace appartenant aux Papeteries Matussière & Forest (M&F), spécialisée dans les papiers d’emballage, s’oriente vers la fabrication de papiers impression-écriture. Elle devient la première unité industrielle française (*) à s’intégrer en amont pour produire des papiers à base de papiers recyclés et destinés à l’impression. Sous l’impulsion de Louis Floccia, ingénieur EFP 62, directeur de l’usine à partir de 1976, l’usine M&F de Turckheim devient également en 1977 le premier site mondial à fabriquer un papier journal à partir de papier 100 % recyclé, imité ensuite par l’Allemand Haindl. Ce nouveau défi, véritable prouesse technique pour l’époque, est en fait initié grâce à un petit coup de pouce du destin. Lors d’une visite de l’usine de Turckheim, Antoine Rufenacht (actuellement maire du Havre), secrétaire d’État du gouvernement Raymond Barre, est séduit par la possibilité future de fabriquer du papier journal 100% recyclé. Il demande alors à L. Floccia de lui fabriquer un tel papier pour l’édition du Journal Officiel. Pour honorer cette commande, l’équipe technique de Turckheim met au point le Blanc 110 qui deviendra ensuite Alsapress. C’est l’acte de naissance du premier papier pour journal, 100% recyclé. Au début des années 80, l’usine M&F de Turckheim met également au point un nouveau papier 100 % recyclé à destination du marché de l’impression-écriture, Alsaprint, présentant plus de 10 points de blancheur supplémentaires par rapport au Blanc 110. Dans son procédé de fabrication, elle utilise entre autres la séparation des fibres, le désencrage par flottation complété par une séquence de blanchiment adapté.

(*) La Société Auxiliaire du Bois créée à Vitry Le François (51) pour fabriquer de la pâte désencrée existe déjà mais ce n'est qu'un laboratoire expérimental pour la société Lamort.

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