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Histoire de nos métiers |
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| Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Louis-Nicolas Robert, inventeur de la machine à papier > Les révolutionnaires papivores | Révision : 13 octobre 2004 |
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Louis-Nicolas Robert Inventeur de la machine à papier |
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André FAURIE - Ingénieur
EFPG Extrait du Bulletin de La Cellulose, numéro spécial, 1999 Mise en ligne : Septembre 2004 |
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A partir de 1750, les guerres et les famines épargnent la France. La démographie fait un bond jamais vu jusqu'à ce jour. Avec 36 % de moins de 20 ans et 26 millions d'habitants le pays est en ébullition. Jusqu'en 1780, l'économie est en plein essor. Les techniques évoluent rapidement et le commerce est en plein développement avec les colonies. Suivant l'exemple américain, soutenu par Louis XVI, la jeune élite française se rebelle. Après la première escarmouche de rébellion ouverte pendant la journée des tuiles le 7 juin 1788, la véritable révolution commence en avril 1789 au faubourg Saint Antoine.
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| Le saccage de la Folie-Titon (28 avril 1789) | ||
Au carrefour de la rue Montreuil et du Faubourg, en face de la manufacture des Glaces, le Sieur Réveillon avait fait construire la Folie-Titon, une magnifique demeure. Au milieu de 40 000 ouvriers de pauvre condition, il donnait des fêtes somptueuses et le 19 octobre 1783 faisait même élever une montgolfière de son ami d'Annonay. Avec la montée du chômage et de la misère, les habitants du quartier ont la tête près du bonnet et fomentent des troubles dans tout le faubourg. Le 28 avril la poudrière s'enflamme. Aidés des ouvriers de la Manufacture des Glaces de Saint Gobain, les habitants saccagent et pillent la demeure du fabricant de papiers peints et, suprême horreur, dérobent la médaille que lui avait décerné le Roi pour services rendu à l'art de la papeterie.
En ces temps troublés le Roi se devait de réagir vigoureusement et rapidement.
"Décision du Roi du 31 mai 1789. Le roi ayant accordé au sieur Réveillon que la médaille d'or, fondée par l'ordonnance du 28 octobre 1777 qu'il avoit ci devant obtenue, et qui lui a été volée dans l'émeute populaire du 27 avril dernier, lui seroit remplacée".
Il est à remarquer qu'après cet incident, Saint Gobain s'est préoccupé de papeterie pendant près de deux siècles.
Le 11 juillet 1792, la patrie est déclarée en danger. La levée en masse des ouvriers pour marcher aux frontières désorganise le travail dans les moulins.
Le 30 germinal An II - Les administrateurs du district de Roclibre à la Commission des subsistances et approvisionnements :
"La seule papeterie qui existe dans l'environnement est dans l'inaction faute de bras, pour la raison que les ouvriers sont partis pour voler à la défense de la patrie."
Par décret de la Convention, tous les ustensiles de cuivre sont réquisitionnés au profit des usines de salpêtre.
"Les chaudrons qui servoient à la colle ont quitté le moulin et les bacholles de fortune utilisées par le saleran pour cuire les retailles ne font pas du bon ouvrage, et souvent le papier est gâché lorsqu'on le trempe dans ce qui sert maintenant de mouilloir."
Avec la guerre aux frontières, sévit le blocus que nous imposent les royaumes d'Europe. La principale monnaie d'échange que transportaient aisément les pilharots se composait essentiellement de rubans, d'aiguilles et d'épingles. Ces produits manufacturés venaient principalement d'Angleterre et brutalement les pilharots s'en trouvent dépourvu. Les ménagères qui en ces périodes troublées conservent facilement leurs loques, se refusent obstinément à donner leurs vieux drapeaux s'il n'y a même pas d'épingle en échange. La collecte se fait rare et les moulins manquent de matières premières.
Le 4 ventôse An II - Jean-Louis Cuiquet, papetier à Paillard (Oise) :
"La matière première connue sous le nom de chiffon est très chère et, en outre, devient rare, au point que je suis à la veille d'en manquer. Cette rareté est occasionnée par celle des épingles, avec lesquelles on est dans l'usage de ramasser cette matière dans notre département et qu'il serait difficile de s'en procurer par un autre moyen, les gens de la campagne tiennent singulièrement à cet usage."
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| Un assignat de cinquante livres | ||
Dès 1790, la planche à billets, grande dévoreuse de papier de qualité, a des besoins immenses. Ils sont si grands que tous les moulins de la république sont sommés de se mettre à l'ouvrage.
Avec la guerre, la France a besoin d'argent. Le manque de numéraire se fait criant, et, entre novembre 1791 et juin 1792 la somme des assignats à mettre en circulation passe de 1,4 à 1,8 milliards.
Nicolas Desmarests passe, en 1792, des traités avec quatre manufactures qui sont spécialisées pour chaque sorte
de billets :
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| Un journal "montagnard" sous la révolution |
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Il faut propager les idées nouvelles, faire passer dans le pays le souffle révolutionnaire, maintenir l'enthousiasme.
Les journaux se multiplient, la presse atteint des sommets jusqu'à ce jour inconnus.
Le 9 Brumaire An Il, (31 octobre 93) la Commission des subsistances et approvisionnements de la République :
"Aux patriotes,
User de tout ce qui peut être utile et n'abuser de rien,… la Commission des subsistances et approvisionnements
de la République française, a fixé son attention sur les moyens d'apporter dans l'emploi du papier, dont la consommation devient de plus en plus considérable,
une économie importante.
1) A ne pas vous permettre l'usage de feuilles doubles en blanc
2) A préférer pour l'impression le format in-8°
3) A ne jamais mettre sous enveloppe les lettres simples
4) A recueillir et à conserver avec soin tous ceux de vos papiers manuscrits ou imprimés qui, ne pouvant pas être utiles tels qu'ils
sont, pourront le devenir convertis en papiers blancs ou gris."
Statistiques, états, recensements, réquisitions, requêtes, fleurissent dans le moindre village, le hameau le plus reculé. C'est une débauche de "paperasserie".
La Commission des subsistances et approvisionnements profita de la circonstance pour obtenir le plus de renseignements possibles concernant l'état de l'industrie papetière.
C’est ainsi que nous avons les réponses aux questionnaires, rassemblées aux Archives Nationales, qui nous fournissent de précieux renseignements sur l'état de l'industrie papetière en France à cette époque. Sur 98 départements, il n'y en avait que 12 sur le territoire desquels n'existait aucune papeterie.
Pendant la période révolutionnaire l'imprimerie ne sait plus où donner de la tête. Elle explose, et, sa demande de papier est immense.
Les révolutionnaires comme les rois, prennent les mêmes décisions et usent de l'interdiction et de la contrainte.
"Pour combattre les rois ameutés contre nous, le papier est aussi nécessaire que le fer. Avec nos écrits, autant peut être qu'avec nos armes, nous portons l'effroi dans leurs âmes dépravées. Ce sont nos écrits qui attisent le feu sacré de la liberté, et le désir de l'insurrection."
"La sortie des drilles ou chiffes hors de la république est interdite."
Les citoyens sont invités à livrer "vieux linges, chiffons, vieux drapeaux, pattes et rognures de parchemin ; chacun est tenu d’en fournir au moins une livre d’ici au premier prairial…"
"Nous vous invitons à donner une attention particulière aux rognures de parchemin qui servent à coller le papier ; devenues extrêmement rares, il est important qu'elles soient recueillies avec soin."
Art. I- Les ouvriers employés à la fabrication des assignats et qui sont à la réquisition du pouvoir exécutif provisoire, ne pourront abandonner leurs ateliers sans un congé motivé par le représentant du peuple.
Art. II- Défense aux ouvriers de s’imposer entre eux aucune amende sous quelque cause ou prétexte que ce soit, à peine de deux années de fer et déclare nulles toutes les amendes qui auroient été imposées jusqu'à présent.
Art. IV- Trois mille livres d’amende à l’entrepreneur qui admet dans ses ateliers un ouvrier qui n’a point de congé régulier.
Art. V- Dans le cas où quelques ouvriers troubleroient l’ordre et la tranquillité qui doivent régner dans les papeteries, la Convention Nationale charge l’inspecteur national d’en instruire le Comité exécutif.
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