| Accueil | Recherche | Plan | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base |
|
|
||||||
| Histoire de nos métiers | cerig.efpg.inpg.fr | |||||
| Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Louis-Nicolas Robert, inventeur de la machine à papier > L'hommage | Révision : 22 octobre 2004 |
|
Page précédente |
Louis-Nicolas Robert Inventeur de la machine à papier |
Retour au sommaire |
Page suivante |
![]() |
André FAURIE - Ingénieur EFPG (promotion 1963) Publié dans La Cellulose, bulletin de l'association des anciens élèves de l'EFPG (numéro spécial, 1999) Mis en ligne en septembre 2004 |
|
A sa mort, Nicolas Robert laisse sa femme Charlotte et deux filles, Marie-Eugénie et Louise-Félicitée dans le besoin.
A 20 ans son père lui confie l'éducation des petites filles de l'école.
Le 20 janvier 1830 elle est brevetée du premier degré.
Le 8 décembre 1832, A. Cahier, Procureur du Roi à Dreux et membre du comité d'Instruction Primaire, l'inspecte dans son école et constate que la classe est effectuée :
" …. Dans un local sain, bien aéré, bien éclairé, une école uniquement de petites filles. Elle ne reçoit de la commune aucune indemnité et nous ferons observer qu'il serait de toute justice qu'elle partageât avec le sieur Groussin l'indemnité de cinquante francs allouée par la commune.
L'école de la demoiselle Robert se compose quant à présent de trois élèves gratuites, de vingt-cinq élèves payantes...
La demoiselle Robert a de bons modèle d'écriture gravées ; elle nous a présenté un cahier de modèles très beaux écrits par son père : ce cahier est une source d'exemples forts nets, forts corrects et d'écriture très variée.
Le soin qu'elle paraît apporter à la tenue de son école nous semble la rendre digne d'être proposée pour une médaille de bronze. Elle n'a d'ailleurs encore reçu aucun encouragement."
Avec le revenu de 28 élèves dont trois gratuits, Marie-Eugénie ne roule pas sur l'or. Lorsqu'elle quitte l'école en 1838 ses revenus sont quasi inexistants. En 1857, sa détresse touche Gabriel Planche, directeur de l'usine de M. Didot à Saint-Roch. Il organise une souscription avec le journal des fabricants de papier dirigé par Louis Piette. Est ainsi constitué une pension viagère qui lui est payée jusqu'à sa mort par Alfred Firmin-Didot.
C'est avec les documents et lettres de Marie-Eugénie, que Monsieur J. Bréville publie à Dreux, en 1873, une bibliographie de Nicolas Robert.
Elle se marie avec Charles-Maurice Beauvais, instituteur à Vernouillet. De cette union naîtra Zoé-Claire Beauvais qui se retrouvera à la fin du siècle dans le plus grand dénuement. C'est elle qui transmet à Monsieur Putois les nombreux documents qui ont permis de mieux connaître la vie de Robert. Comme sa tante, elle émeut les papetiers et, en 1897, la chambre syndicale des papetiers, avec l'aide de M. Henry Boucher, ministre du commerce, constitue une pension pour "permettre à la pauvre femme de terminer modestement son existence". C'est ainsi que la petite fille de Nicolas Robert, Zoé-Claire Beauvais, meurt en 1901.
Avec le concours de la classe 88, M. Allimand décide de commémorer le centenaire de l'invention de Robert. Il construit sur les plans originaux de l'inventeur la reproduction de la première machine à papier qui sera exposée à la rétrospective de 1900, puis donnée à l'École Française de Papeterie où elle se trouve toujours.
Dans "Le Centenaire de la machine à papier", Firmin Didot rend hommage à Nicolas Robert, mais revendique la collaboration déterminante de Saint-Léger Didot pour la mise au point de la première machine à papier.
Dans la brochure qu'il édite à cette occasion, il s'indigne du peu de cas que les papetiers font de la mémoire de Louis-Nicolas Robert.
"C'est donc Robert qui fut le véritable inventeur du principe de la machine à papier en continu. Aussi en ce moment, où partout on élève des statues à chaque homme célèbre, politique, scientifique ou littéraire, on se demande comment la France, pour récompenser ce modeste inventeur, n'a pas encore songé à tirer de l'oubli le nom de Louis Robert par l'érection d'un monument quelconque. Plus que tout autre il a droit à une place d'honneur. Sa statue ne devrait-elle pas se trouver à Essonnes, sur le lieu même de son invention ?"
Vernouillet n'a jamais oublié Nicolas Robert et a donné son nom à son premier collège et à une rue de la ville. Aujourd'hui, l'agglomération possède un collège ultramoderne (financé par le Conseil Général d'Eure-et-Loir) auquel on a redonné le nom de Nicolas Robert.
![]() Tombe de Nicolas Robert à Vernouillet |
C'est sur l'initiative d'Armand Dupont, maire républicain de Vernouillet au début du 20e siècle, que le conseil municipal accorde une concession perpétuelle dans le cimetière de la commune à Louis-Nicolas Robert. Le journal "L'Action Républicaine" relate dans ses colonnes : "... Vernouillet sait honorer la mémoire de ceux qui ont disparu. Le vieux cimetière qui entourait l'église a été déplacé à un kilomètre... mais il restait trois monuments que le conseil municipal ne voulait pas voir disparaître. Tous furent transférés dans le nouveau cimetière : - à droite, en entrant par la grille principale, est la tombe de Nicolas Robert ; on l'a surmontée d'une pyramide sur la base de laquelle on lit : Louis-Nicolas Robert - à gauche en face se trouve le monument élevé à la mémoire des défenseurs de la Patrie. - au fond de l'allée se trouve la tombe du soldat allemand. |
|
Cet hommage rendu aux morts ne suffisait pas aux habitants de Vernouillet, ils ont voulu encore mieux honorer la mémoire du modeste et illustre inventeur qu'a été Nicolas Robert. C'est sur l'initiative d'Armand Dupont, maire de Vernouillet, que le conseil municipal décide l'érection d'un monument et sollicite le concours des fabricants de papier. A cet effet une souscription a été ouverte, à laquelle ont répondu des papetiers français, italiens et américains. Sur la pyramide une palme et au sommet le buste de Nicolas Robert, signé de
Mademoiselle Germaine Firmin-Didot, qui en a fait don à la commune de Vernouillet.
|
![]() |
Sur le socle se trouvent deux inscriptions. La première, de face, est gravée en lettres d'or sur marbre noir. Elle est
représentée ci-dessous. La seconde, sur le côté gauche, est gravée directement dans la pierre. Elle est représentée ci-contre.
|
L'inauguration du monument (dimanche 9 juin 1912) est abondamment relatée dans la presse (Le Papier, n° 12, p. 133-7, 25 juin 1912). La cérémonie s'est déroulée en présence de :
![]() |
||
| Inauguration du monument à la mémoire de Nicolas Robert | ||
A la fin de la cérémonie la Lyre Druidique donne un concert qui est très applaudi puis c'est le "dîner républicain" de 250 couverts.
A la sortie de ces agapes, la fête continue par un bal, mais le feu d'artifice qui devait être tiré "ne l'a pas été, l'artificier n'ayant pas tenu ses engagements".
On peut remarquer sur le flanc du bâtiment principal de l'église, juste derrière le buste de Louis-Nicolas Robert :
"République Française, Liberté, Égalité, Fraternité". C'est suite à la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État,
que la commune prend possession de l'église et avec la création d'un bureau de bienfaisance le 4 juin 1910 marque clairement son
territoire. Les "petits pères Combe" venaient de marquer un point décisif sur les cléricaux en ayant la seule église de France
marquée aux armes de la République.
|
Dans le périodique "Le Papier" (n° 20, p. 238, 25 octobre 1912) nous trouvons une proposition pour : Le Buste de L.-N. Robert comme le montre la figure ci-contre. A la photographie du buste de Nicolas Robert était jointe la proposition suivante : |
![]() |
"Ce buste, en plâtre durci bronzé, d'une hauteur de
50 centimètres, est la reproduction de l'original en bronze surmontant le monument de Vernouillet ; il sera d'un effet très décoratif,
soit dans les salles de machines à papier, soit dans les bureaux. Le prix du buste emballé et remis en gare à Paris est de Soixante francs (60 fr.), à adresser à M. H. Everling, 2 rue de Vienne, Paris, aussitôt après réception de l'envoi." |
En hommage à Louis Nicolas Robert, une cérémonie a lieu à l'Institut Polytechnique de Grenoble le 13 juin 1970. Sur la couverture du document remis aux participants figurait le texte suivant :
|
Hommage à Louis-Nicolas Robert Monsieur Henk Voorn Grenoble le 13 juin 1970 |
Lors de l'installation de l'École Française de Papeterie sur le campus de Saint Martin d'Hères, le portrait de Nicolas Robert, ainsi que son lorgnon, ont été mis en dépôt au Musée Historique du Papier à Ambert dans le Puy-de-Dôme.
A l'occasion du bicentenaire de l'invention de la machine à papier, le palais de la découverte organise une exposition à Paris en 1999.
Une réunion de l'association "La cellulose" (anciens élèves de l'EFPG) a lieu le 10 juin 1999, sous la présidence d'Yves Garnier et la haute autorité du Président Gérard Coste. Après une conférence rappelant la vie de Louis-Nicolas Robert, tous les membres de l'association des papetiers du Sud-Est se lèvent et chantent :
![]() |
De bon matin je me suis levé, Vive la feuille blanche! A ma cuve je suis allé, Vingt cinq porces j’y ai levées, |
|
Page précédente |
Retour au sommaire |
Page suivante |
||
| Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base | ||||
| Copyright © CERIG/EFPG 1996-2004 | ||||
| Mise en page : J.C. Sohm | ||||