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Vous êtes ici : Accueil > Technique > Mémoires > Impact de la législation sur les papiers et cartons destinés au contact alimentaire Révision : 18 mai 2009  
Impact de la législation sur les papiers et cartons destinés au contact alimentaire
             Sophie HANNE et Alexandra REGAIRAZ

Élèves-ingénieurs 2e Année
 Juin 2007
Mise en ligne - Mai 2009

Avertissement
Ce mémoire d'étudiants est une première approche du sujet traité dans un temps limité.
À ce titre, il ne peut être considéré comme une étude exhaustive comportant toutes les informations
et tous les acteurs concernés.

 

       
     
  Plan  
I - Introduction
II - État de l'art
III - Analyse technico-économique et prospective
IV - Conclusion
V - Bibliographie-Webographie
     
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I - Introduction

Plan

                Emballages 
  en carton destinés au contact alimentaire      
  Figure 1 -
Emballages en carton
destinés au contact
alimentaire
 
   
  Voir aussi

I-1 - Cadrage du problème

Depuis longtemps, les papiers et cartons sont utilisés soit seuls soit en association avec d’autres matériaux afin d'emballer les denrées alimentaires ou d'être mis à leur contact [Figure 1]. Les exigences de la sécurité alimentaire ne cessent de se préciser au cours du temps et leurs conséquences se font sentir sur la fabrication et sur les contrôles des papiers et cartons destinés à l’emballage alimentaire.

Cette étude porte sur la législation, ses conséquences tant sur les procédés techniques que sur l’utilisation de matières premières spécifiques, et sur les innovations à venir.

I-2 - Papiers et cartons destinés au contact alimentaire

I-2-1 - Emballages alimentaires

L'emballage est l'action d’emballer ou ce qui sert à emballer. Il s'agit de la matière ou du dispositif qui permet d'isoler un produit de son environnement pour le protéger, le conserver, le transporter ou pour le mettre en valeur à des fins commerciales ou esthétiques.

                Emballage primaire       Emballage secondaire   Emballage tertiaire  
  Figure 2 -
Emballage primaire
  Figure 3 -
Emballage secondaire
Source : Techno3D
  Figure 4 -
Emballage tertiaire
Source : Techno3D
 
             

L'emballage primaire est au contact du produit [Figure 2].
L'emballage secondaire couvre un emballage primaire : il peut être vendu avec le produit ou seulement destiné au magasin pour faciliter la manutention [Figure 3].
L'emballage tertiaire est l’unité de transport de la fabrique au lieu de vente [Figure 4].

Les attentes du consommateur en matière de gestion des aliments (stockage, préparation et cuisson) sont diverses : praticité, santé et sécurité en sont les aspects prédominants.

Cette étude est cantonnée aux emballages primaires en papier et carton, seuls concernés par un contact alimentaire direct.

I-2-2 - Historique de l'emballage

L’emballage existe depuis que l’homme transporte des aliments solides ou liquides. Les contenants remplissent alors une mission purement fonctionnelle. Essentiellement nomade, l’homme utilise tous les emprunts qu’il peut faire à la nature pour contenir les produits à transporter. Il protège ses denrées alimentaires dans des feuilles, dans des outres de peau qu’il confectionne lui-même ou dans des paniers. D'abord taillés dans le bois puis dans la pierre, les contenants sont ensuite fabriqués en terre cuite.

L’histoire des emballages et des contenants est étroitement liée à l’histoire des échanges commerciaux. L’évolution des emballages suit également celle des matériaux. Outre la céramique et l’évolution des techniques qui l’accompagnent, l’homme découvre et exploite d’autres matériaux pour les contenants. D’autres techniques permettent un pas en avant comme la faïence, la porcelaine et le verre. Le bois prend son importance sous l’Empire romain. Ce dernier matériau est alors utilisé pour la fabrication des fûts pour le vin et le vinaigre. Les caisses et caissettes en bois sont aussi utilisées au XVIIe siècle : elles servent notamment au transport et à la conservation de certaines épices.

Toutefois, contenir – fonction primitive de l'emballage – ne suffit plus : il faut aussi préserver les aliments, les parfums ou même les médicaments.

Outre l’évolution des techniques de conservation, l’histoire de l’emballage, plus particulièrement du XIXe siècle à nos jours, est liée au développement des matériaux d’emballage [Tableau 1].

Dates Repères
1809 Nicolas Appert découvre le procédé de conservation par la chaleur des denrées alimentaires contenues dans des bocaux en verre
1810 Le procédé est appliqué à des boîtes en fer blanc (boîtes de conserve)
1858 L'Américain Mason crée le couvercle métallique à vis pour les pots en verre
1871 Jones (États-Unis) invente le carton ondulé
1883 Stilwell (États-Unis) commercialise les premiers sacs en papier
1885 Painter (États-Unis) dépose le brevet de la première capsule de bouteille jetable
1934 L'American Can Company commercialise les premières "boîtes boissons", ancêtres des canettes pour la brasserie américaine Krueger
1951 Invention en Suède de l'ancêtre du tetrapak, emballage tétraédrique jetable en papier plastifié
1969 Après Lesieur en 1960, Vittel commercialise ses premières maxi-bouteilles rondes en PVC (polychlorure de vinyle)
1976 Pepsi-Cola vend ses premières bouteilles en PET (polyéthylène)
2000 Apparition du Doy pack, sachet en plastique souple tenant debout
2005 Le fabricant Tetra Pak lance le Tetra Pak Wedge Aseptic Clear (emballage transparent)

Tableau 1 - Repères de l'histoire de l'emballage alimentaire

Ces dernières années, les innovations s’accélèrent. Néanmoins, si les produits se multiplient, les industriels tentent aujourd’hui de réduire le poids des emballages et d’orienter leurs recherches vers des emballages écologiques empruntant à la nature. Le retour aux matériaux naturels est une piste de développement envisagée dans les projets d’innovation.

I-2-3 - Le papier carton : un matériau d'avenir

Il s’agit de souligner l’évolution du papier carton d’emballage dont la croissance extrêmement rapide au cours de ces dernières années récompense un effort particulier d’adaptation aux préoccupations environnementales et alimentaires ainsi qu’aux besoins des utilisateurs.

Par nature, le papier carton est le matériau vert du futur : recyclable, incinérable et biodégradable, il peut être valorisé de toutes les façons possibles. Il concilie ainsi parfaitement écologie et économie.

Cercle des matériaux d’emballage : un retour vers l’emballage naturel ? [Figure 5]

                Cercle 
  des matériaux d'emballage      
  Figure 5 - Cercle des matériaux d'emballage  
     

Axes de recherche prometteurs dans le domaine de l’emballage alimentaire domestique

L’emballage alimentaire domestique : un secteur à fort potentiel d’innovation. Alors que la recherche est très avancée dans le secteur de l’emballage alimentaire industriel, le marché de l’emballage alimentaire domestique a encore de nombreux défis à relever pour créer des emballages intégrant de nouvelles technologies.

Trois voies de développement se dégagent :

I-3 - Législation

I-3-1 - Textes et références

À l’heure actuelle, nous n’avons qu’une connaissance incomplète de la toxicologie des substances impliquées dans les matériaux destinés au contact alimentaire. De plus, une réglementation fragmentaire et ponctuelle ajoutée aux exigences croissantes en matière de sécurité des aliments liées à des techniques de contrôle de plus en plus fines, rendent la fabrication des papiers cartons aptes au contact alimentaire très difficile.

Cependant, pour assurer l’aptitude au contact alimentaire de leurs produits, les industriels se réfèrent en particulier aux législations européennes et françaises qui définissent le principe d’inertie du matériau et son contrôle ainsi que le choix des matières premières dans une liste positive correspondant au type de matériau.

"Le présent règlement a pour principe de base que tous les matériaux et objets destinés à entrer en contact, directement ou indirectement, avec des denrées alimentaires doivent être suffisamment inertes pour ne pas céder à ces denrées des constituants en une quantité susceptible de présenter un danger pour la santé humaine, d’entraîner une modification inacceptable de la composition des aliments ou d’altérer leurs caractères organoleptiques. " [Règlement (CE) n°1935/2004 du Parlement européen et du Conseil, du 27 octobre 2004]

Les critères d'inertie applicables varient en fonction de la nature chimique des matériaux. En règle générale, les exigences concernent :

Les textes d’application doivent définir les règles (composition, critères de pureté, etc.) assurant l’aptitude au contact alimentaire de chaque matériau. Toutefois, un certain nombre de matériaux ne font pas encore l’objet d’une réglementation spécifique, tant au niveau de l’Union européenne qu'au niveau national, ou bien sont réglementés de manière incomplète. C'est en particulier le cas des papiers et des cartons, notamment les papiers et cartons enduits.

Au niveau européen, la liste des matériaux concernés par une aptitude alimentaire est indiquée dans le Règlement (CE) n°1935/2004 du Parlement européen et du Conseil, du 27 octobre 2004, concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires et abrogeant les directives 80/590/CEE et 89/109/CEE.

En France, il existe des textes plus spécifiques :

Les textes suivants font également référence :

Il y a aussi les normes suivantes :

À ce jour, les azurants optiques ne sont pas autorisés dans les papiers et les cartons pour contact alimentaire car ils migrent dans les aliments et nuisent à la santé.

I-3-2 - Mise en pratique : le mic-mac français

Depuis 2006, la DGCCRF a décidé de renforcer ses contrôles auprès des usines fabriquant des papiers et cartons destinés au contact alimentaire, selon leur référentiel (note 2004-64). Seuls les articles intitulés "papiers et cartons" et "complexes" concernent cette étude. Cette note rappelle le principe d’inertie, l’obligation écrite de conformité ainsi qu’un tableau de synthèse indiquant les "obligations relatives aux matériaux au contact des denrées alimentaires découlant du code de la consommation". De plus, elle s'appuie sur des documents supports : "Guide de bonnes pratiques pour la fabrication des papiers et cartons et articles transformés en papier et carton destinés au contact des denrées alimentaires" fondé lui-même sur la réglementation allemande (la BfR) et la réglementation américaine (FDA).

Quant au règlement (CE) n°1935/2004 du Parlement européen et du Conseil, il est en définitive peu reconnu en France lorsque l’on considère la fabrication des matériaux destinés au contact des denrées alimentaires. Cependant, il prend toute son importance en matière de traçabilité, de conformité et d’obligation d’étiquetage (article 16 pour la déclaration de conformité et article 17 pour la traçabilité).

I-3-3 - Contraintes induites par la législation

Lorsque les usines se penchent sur la législation relative à l’alimentarité, elles se heurtent à un véritable "mur" juridique encore peu délimité qui les oblige à se soumettre à une multitude de tests et de contrôles visant à conférer à leurs produits une aptitude au contact alimentaire.

Les tests sont effectués dans des laboratoires certifiés localisés en France et dans toute l’Europe..

Les réglementations telles que REACH risquent de tracasser les fabricants de papiers et cartons destinés au contact alimentaire car les listes positives citées précédemment s’allongent ce qui restreint le nombre de constituants autorisés.

II - État de l'art

Plan

 

II-1 - Matériaux et techniques de fabrication pour des emballages papier carton destinés au contact alimentaire

II-1-1 - Matières premières utilisées

Matières premières fibreuses

Le papier et le carton sont fabriqués à partir de fibres naturelles à base de cellulose écrue ou blanchie, incluant les fibres cellulosiques recyclées. Des fibres artificielles de cellulose régénérée peuvent également être utilisées en mélange avec des fibres naturelles. Le papier peut être blanc, écru ou coloré.

Matières premières non fibreuses

Le papier peut contenir des fibres synthétiques (PE) et des additifs fonctionnels (adjuvants,...). Il peut être traité, imprégné ou enduit avec des produits organiques ou minéraux. Quand les matériaux ou articles sont constitués de plusieurs couches, toute couche doit satisfaire la réglementation. Les couches barrière doivent, dans des conditions normales ou prévisibles d’utilisation, réduire tout transfert possible dans l’aliment (par migration ou perméation) de substances en provenance des couches précédentes (c'est-à-dire avoir un niveau toxicologique et organoleptique insignifiants).

II-1-2 - Technique de fabrication

Collage et assemblage

Le collage consiste à assembler deux matériaux partiellement encollés. En revanche, si les surfaces des matériaux sont entièrement enduites, on parle de contre-collage.

Il existe différents types de colle :

Enduction

C'est un traitement de surface permettant d’améliorer l’état de surface en termes de rugosité. La couche est dosée avec une racle en mode lissant, raclant ou lame d’air. L’enduction consiste à déposer sur la surface d’un matériau un produit en phase liquide en vue de lui conférer des caractéristiques particulières (siliconage, paraffinage ,...). Le film press permet d’effectuer un couchage dissymétrique des deux faces du papier et de travailler en surface en déposant un grammage précis. Le size press permet de déposer un produit en surface et à cœur. La pigmentation est une opération identique mais sont déposées des sauces plus concentrées de pigments et de liants (latex).

Imprégnation en partie humide

En général, elle est faite au niveau des presses avec une size press qui permet d’introduire dans la masse du papier des produits chimiques nécessaires pour apporter des caractéristiques spécifiques. Par exemple, peuvent être introduits des produits ignifugeants indispensables à tous les papiers cartons utilisés dans les lieux publics. De même, certains produits permettent de contrôler la combustion comme dans le cas des papiers cigarettes.

Pulvérisation

Elle est effectuée le plus souvent en partie humide (table de fabrication ou presses). Toutefois, il y a souvent des problèmes de répartition, d’où l’emploi d’un champ électrique permettant d’obtenir une répartition plus homogène en limitant les projections dans l’espace.

II-1-3 - Papiers destinés au contact alimentaire

Papiers barrière

Silicone

C’est une sauce constituée d’une émulsion d’un polymère de vinyle, un catalyseur qui permet la réticulation et des additifs. Cette préparation de silicone est déposée sur le papier. Une fois séché, le film de silicone polymérise et se solidifie. Pour une conception optimale du papier, il faut une polymérisation rapide. Le dépôt de la couche est fait par enduction. Différents problèmes peuvent être rencontrés : la présence de contaminants (par exemple, des colorants) ou de papiers recyclés peut inhiber la polymérisation.

Le papier siliconé est utilisé en tant que papier de cuisson, par exemple un papier siliconé, double face (utilisable des deux côtés) et anti-adhésif. Il permet de cuire, frire, congeler, décorer, stocker, superposer. Il est utilisable plusieurs fois selon le type de cuisson.

Sac au contact alimentaire pour le pli intérieur

Le sac papier est un emballage primaire souple, il est en contact direct avec le produit. Utilisé dans le secteur du BTP pour le ciment, les enduits,…, pour les produits chimiques… et pour l’alimentaire (dont l'alimentation pour animaux ou pet food), un sac peut avoir différentes formes gueule ouverte, valve, pinch, cabat et est constitué de plusieurs plis.

Le pli extérieur est souvent imprimé en flexo au trait ou en quadrichromie avec des encres à l’eau permettant le contact alimentaire. Pour améliorer l’état de surface des plis extérieur, il est possible de recourir au traitement anti-dérapant, au vernis brillant ou mat, au vernis UV – il n'est pas utilisé en cas de contact alimentaire car il laisse une forte odeur qui peut contaminer le produit – ou encore au pelliculage.

Les plis intermédiaires donnent les propriétés de barrière au sac. Un film de PE haute ou basse densité assure étanchéité à la vapeur d’eau ce qui limite la prise d’humidité du produit ensaché. Un pli avec une couche de PE crée une barrière anti-graisse, un film barrière à l’oxygène… Ces plis sont mis selon les caractéristiques du produit ensaché.

Les plis sont collés entre eux avec différentes colles : colles froides au bon pouvoir adhésif, association d’amidon, colle vinylique ou colles chaudes.

Papier sulfurisé

Le papier sulfurisé est l’un des plus anciens papiers de spécialité et l’un des rares à être 100 % cellulosique. Ses principales caractéristiques sont : barrière aux graisses (surface fermée), résistance (fibres longues liées par le ciment cellulosique), résistance à l’eau (ciment cellulosique non soluble dans l’eau), résistance à la chaleur, faible perméabilité à l’air et à la vapeur d’eau.

Sa production mondiale est de 60 000 tonnes, son prix de vente est entre 2 et 3 euros / kg. Ce papier est conforme au contact alimentaire, propre et hygiénique (pas de contamination par pertes de fibres, peu de casse du composite malgré le pli). Il est biodégradable et compostable, recyclable,... Il est utilisé en tant que papier de cuisson, moule à gâteaux, feuille thermoscellable, dans la boulangerie. C'est un emballage idéal pour le beurre et il peut être complexé pour les sacs de congélations.

Il est fabriqué en trois étapes :

Le papier sulfurisé est un composite de cellulose constitué de ciment cellulosique à savoir la cellulose régénérée après imprégnation de l’acide sulfurique.

  Avantages Inconvénients

Matières premières utilisées

Fibres cellulosiques
  • Conformes aux normes d’hygiène, de sécurité alimentaire
    et aux réglementations en vigueur.
  • Matériau biodégradable, écologique et renouvelable.
  • Utilisation malaisée des fibres recyclées contenant de nombreux
    contaminants difficiles à éliminer (azurants optiques,...)
Matières premières non cellulosiques :
fibres synthétiques, additifs fonctionnels
  • Limite tout transfert dans l’aliment (par migration ou perméation)
    de substances provenant du papier.
  • Niveaux toxicologique et organoleptique insignifiants.
  • Coût élevé des additifs aptes au contact alimentaire.
  • Réglementation stricte sur les teneurs en métaux extractibles,
    anti-microbiens, colorants,...

Papiers cartons aptes au contact alimentaire

Papier paraffiné Bonne barrière à la vapeur d’eau, à la graisse
et bon isolant (papier boucherie).
S'il est complexé avec des métaux destinés à lui apporter d’autres propriétés,
il devient difficilement recyclable.
Papier hot melt Bonne stabilité à la chaleur.  
PVDC (polychlorure de vinylidène) Barrière aux graisses, à la vapeur d’eau, au gaz (arômes),
résistance au scellage et caractère thermoscellable.
Lors du dépôt de polychlorure de vinylidène, puis du séchage,
refroidissement délicat car risques de mauvaise formation
et de non-conformité.
Papier sulfurisé
  • Un des rares papiers dédiés au contact alimentaire
    à être 100 % cellulosique.
  • Barrière aux graisses, résistance mécanique,
    résistance à l’eau et à la chaleur, faible perméabilité à l’air
    et à la vapeur d’eau.
  • Biodégradable et compostable, recyclable.
 
Papier siliconé
  • Double face (utilisable des deux côtés), anti-adhésif.
  • Utilisations : cuire (plusieurs fois selon le type de cuisson),
    frire, congeler, décorer, stocker, superposer.
La présence de contaminants comme des colorants, ou des papiers recyclés,
peut inhiber la polymérisation du silicone.

Tableau 2 - Synthèse des avantages et inconvénients des papiers cartons dédiés au contact alimentaire

II-2 - Encres conformes à l'alimentarité

Les encres formulées pour imprimer les emballages alimentaires doivent répondre à des exigences très variées. Ce sont des produits de haute technicité soumis à des normes sévères. Ces encres ne doivent pas être en contact permanent avec l’aliment,et ne doivent surtout pas en altérer le goût ou l’odeur.

Une encre est une suspension colloïdale pigmentaire dans un véhicule qui varie selon sa viscosité, le type de support et le type de séchage. Les pigments (ou colorants solubles) représentent 20% de l’encre. Le véhicule (résine dure, résine siccative et huile minérale) représente 60 à 70% de l’encre : il joue le rôle de liant et protège les pigments. Enfin, les additifs permettent d’optimiser les caractéristiques de l’encre : ils représentent 10% de l’encre.

Le pigment coloré ne transmet pas d’odeurs. Les résines sont les principales causes des problèmes organoleptiques du fait de leur phase volatile.

Le contact alimentaire avec des encres a longtemps été interdit par les normes. Les normes suivies sont souvent celles des encres au contact de jouets. Aujourd'hui, il existe de nouvelles formulations d’encres qui sont aptes au contact alimentaire.

II-2-1 - Constituants des encres

II-2-2 - Procédés de fixation de l'encre sur le support

Procédés physiques

Procédés chimiques

II-2-3 - Encres aptes au contact alimentaire

Encre à base d’eau

L'eau remplace le solvant. Elle présente des inconvénients : difficulté d'évaporation, plus longue durée, mouillabilité difficile, beaucoup de mousse, problème de stabilité de pH… C’est une émulsion de polymère (acrylique) dans l’eau. Ces encres sèchent par infiltration de l’eau et par évaporation.

Encre à base d’huiles végétales

C'est une alternative intéressante à l'encre offset traditionnelle dans le domaine alimentaire. Cependant, les produits d’origine naturelle qu’elle contient posent de gros problèmes d’odeur.

La composition d’une huile végétale est similaire à celle d’une encre traditionnelle excepté le fait que les huiles minérales sont en partie remplacées par des huiles végétales. Ces encres sont séchées par infiltration.

Huiles végétales :

L’utilisation des encres végétales dans les emballages alimentaires nécessite de la prudence. En effet, elles sont causes d’odeurs et d’altération du goût des aliments du fait des composés organiques volatils qui les composent et qui se dégagent pendant le séchage. L’alternative se situe donc dans les encres à l’eau ou les encres "à faible niveau d’odeurs", plus onéreuses et qui nécessitent des matières premières pures ainsi que des conditions de mise en œuvre précises.

Encres thermochromiques

Ces encres permettent d'afficher la température de l’aliment emballé ou de son état de cuisson. Ces encres ne sont destinées qu’à un contact indirect avec les aliments.

II-1-4 - Du point de vue de la législation

De nouvelles garanties pour les encres utilisées sur les matériaux et objets au contact des aliments...

Depuis 2004, les encres d’imprimerie font partie du domaine d’application du règlement CE n°1935/2004 concernant les matériaux et objets destinés au contact des aliments. Certaines des dispositions réglementaires concernant les encres adoptées en Europe, existent en France et concernent notamment l’interdiction du contact direct entre la partie imprimée des matériaux et objets et les aliments, ainsi que des restrictions pour limiter le risque de transfert des encres à travers le support ou par maculage (Avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France du 7 novembre 1995). Contrairement à l’Europe, la France a des critères de pureté concernant les matières colorantes (Circulaire n°176 du 2 décembre 1959 et ses différents amendements).

Aujourd’hui, la réglementation des encres destinées aux matériaux et objets au contact des aliments n’est pas encore harmonisée dans l’Union européenne, mais depuis deux ans, des progrès significatifs ont été accomplis. Le réglement CE n°2023/2006 du 22 décembre 2006 introduit à partir du 1er août 2008 de nouvelles règles relatives aux bonnes pratiques de fabrication des procédés impliquant l’application d’encres d’imprimerie sur la partie des matériaux et objets n’entrant pas au contact des aliments.

Formulation d’encres offset biodégradables et sans odeurs

Dans le cadre d’un programme AGRICE, le Département de Chimie Rhéologie de l’ITERG, Centre Technique Industriel des entreprises du secteur des Corps Gras, a réalisé une étude de formulation d’encre offset à base exclusivement végétale et sans odeurs pour répondre au cahier des charges du packaging alimentaire.

La société Sicpa détient en France 40% du marché des encres offset destinées au packaging et depuis plusieurs années, développe des encres à faible niveau d’odeur pour répondre aux exigences du marché de l’emballage des produits alimentaires. Pour ces applications, les encres utilisées doivent être totalement neutres vis-à-vis des produits conditionnés (aucun arôme, aucun goût).

Des études montrent que les esters méthyliques d’acides gras (EMAG) issus d’huiles végétales ont une bonne capacité de diffusion dans les supports papier ou carton et peuvent ainsi remplacer les huiles minérales dans la formulation des encres offset pour obtenir des encres dites 100% végétales. Ces dernières sont apparues il y a environ cinq ans dans le Nord de l’Europe afin de répondre à des considérations environnementales. Toutefois, elles n’ont pas connu en Europe, et particulièrement en France, l’essor attendu à cause d’un prix de revient supérieur et surtout d’un fort niveau odorant excluant leur utilisation pour l’emballage alimentaire.

Malgré ce handicap, ce marché manifeste un grand intérêt pour les encres végétales étant donné leurs atouts (hygiène et sécurité, éco-compatibilité), qui leur confèrent un certain avantage marketing sur les encres traditionnelles.

Les problèmes d’odeur des encres peuvent avoir trois origines :

Les travaux réalisés ont permis de sélectionner un couple EMAG / huile végétale et des conditions optimales de mise en œuvre (température, durée) pour formuler une encre donnant des résultats très satisfaisants lors des tests d’évaluation (test Robinson, "sniff-test") utilisés industriellement. La mise au point à l’ITERG d’une méthode de contrôle (analyse des composés volatils par DCI/CPG) très bien corrélée aux tests habituels permet d’évaluer rapidement les performances des formulations. Les essais réalisés en laboratoire sur presse offset et en conditions industrielles avec tests en clientèle ont été passés avec succès. À terme, il est possible d’envisager une substitution plus large des huiles minérales par des esters, en particulier dans toutes les encres pour le packaging, et jusqu’au marché de l’édition.

Encres offset aux propriétés organoleptiques neutres

D’autres fournisseurs d’encres pour l‘offset ont mis au point des encres aptes au contact alimentaire. En effet, en 2006, la société allemande Huber Group a développé la série d’encres offset feuilles Corona-MGA 5045, à faible migration et aux propriétés organoleptiques neutres, pour la fabrication d’emballages alimentaires.

Ces encres ne contiennent que des substances homologuées dont le potentiel de migration est minime et des esters d’acides gras spéciaux, à haut poids moléculaire, de forme complexe dont la toxicologie est contrôlée, assure la société. Du fait de leurs composants, les encres présentent une viscosité plus élevée et une fluidité plus faible que les offsets conventionnelles, aux propriétés organoleptiques neutres.

III - Analyse technico-économique et prospective

Plan

III-1 - Introduction

III-1-1 - Marché de l'emballage en bref

        Emballages alimentaires  
  Figure 6 -
Emballages alimentaires
 

Ce marché regroupe l’ensemble des emballages achetés par le consommateur pour préserver la fraîcheur des aliments à la maison [Figure 6]. Le champ d’application des emballages alimentaires domestiques couvre chaque étape de la gestion des aliments : stockage, transport et transformation, depuis leur achat jusqu’à leur consommation.

En 2005, le marché de l’emballage représente environ 700 millions d’euros au niveau européen. Il est divisé en 4 segments principaux : aluminium, film plastique, emballage papier et sacs (conservation et congélation).

L'enquête annuelle d'entreprise 2006 du Sessi établit la répartition de la valeur ajoutée entre les différents matériaux d'emballage : plastique (33,4%), papier-carton (28,3%), métal (13,1%), verre (16,2%) et bois (9%).

Pour un gisement annuel d’emballages de 12,3 millions de tonnes (Ademe 2002) pour la France, on retrouve 4,2 millions de tonnes pour le papier-carton, 3,4 millions de tonnes pour le verre, 2,1 millions de tonnes pour le bois, 1,9 million de tonnes pour le plastique et 0,73 million de tonnes pour les métaux.

III-1-2 - Le marché français du papier et du carton dans l’emballage (2006)

L’économie française du papier et du carton dans l’emballage en 2006 est en retrait par rapport au reste de l’Europe. Dans ce contexte économique, l'industrie française des papiers et cartons d'emballage a bien résisté confirmant la tendance observée depuis fin 2005 : hausse de la demande interne, meilleure demande extérieure et meilleur équilibre offre/demande. La production du secteur est restée quasi stable en 2006 (-0,7% en volume). Cette stabilité traduit la meilleure utilisation des capacités au cours de l'année.

Dans le même temps, le chiffre d’affaires de l'industrie a connu une progression après trois années de recul (+4,5% à 2,12 milliards d’euros). Il y a une diminution des exportations qui vient du fait que les producteurs français ont privilégié leur marché national en croissance (+1,5% en termes de consommation apparente). Quant aux importations, elles sont en hausse en 2006 (+3,8%) du fait notamment du retour sur le marché français des producteurs nordiques après les mouvements sociaux qui avaient affecté leurs usines en 2006.

L'emballage est presque systématiquement utilisateur de cartonnage. Des procédés d'imperméabilisation ont été mis au point pour améliorer la protection des produits. La production de cartonnage a doublé au cours de ces dix dernières années. En France, le chiffre d'affaires annuel de cette industrie est estimé à 2,8 milliards d'euros répartis entre 450 entreprises environ.

Les différents types d'emballage carton se répartissent à 41% pour le carton pliant imprimé, 24% pour le carton ondulé destiné surtout aux emballages de protection (transport, stockage), 10% pour le carton recouvert (avec aluminium et/ou plastique pour emballages alimentaires) et 7% pour les tubes, fûts et barils et le reste en produits divers.

III-1-3 - Perspectives d’évolution du marché économique

L'un des paramètres à prendre en compte pour caractériser le marché est l’augmentation des coûts de production : l’électricité a doublé son coût en 5 ans et celui des combustibles énergétiques a augmenté. On peut prévoir une évolution dans l’utilisation de bioénergie pour la production de ces papiers au contact alimentaire.

Les réglementations deviennent de plus en plus rigoureuses et limitent l’utilisation des produits standards actuels. Cette évolution pourrait modifier la production et les coûts des papiers au contact alimentaire. En effet, si pour être réglementaire, des papiers nécessitent d'utiliser de nouveaux produits réglementés, il n’est pas assuré que le prix de ces derniers soit rentable pour le papetier. Cela modifierait totalement le marché des emballages alimentaires : des concurrents pourraient gagner des parts de marché ou encore de nouveaux entrants pourraient créer de nouvelles parts de marché.

III-1-4 - Marché des encres

En Europe, le marché des encres offset destinées au packaging est estimé à 14 000 tonnes, dont 50% (7000 tonnes) pour le marché de l’emballage alimentaire. Avec une concentration moyenne de 40% de diluant pétrolier dans une formulation, ce secteur constitue un potentiel de 3000 tonnes / an pour les EMAG, marché de substitution auquel il faut ajouter la partie huile végétale, représentant environ 2000 tonnes (soit au total 5000 tonnes de matières premières d’origine végétale pour le secteur de l'emballage alimentaire).
À terme, il est possible d’envisager une substitution plus large des huiles minérales par des esters, en particulier dans toutes les encres pour le packaging, et ce jusqu’au marché de l’édition.

III-2 - Fournisseurs

III-2-1 - Fabricants de papiers et cartons destinés au contact alimentaire

De nombreuses entreprises produisent des papiers et cartons destinés au contact alimentaire. Quelques exemples sont cités ci-dessous (liste non exhaustive) :

Des associations réglementent la fabrication et l’utilisation des papiers cartons pour le contact alimentaire :

Des laboratoires d’analyses valident la conformité des papiers produits par les papetiers en vérifiant la composition des papiers et cartons destinés au contact alimentaire :

III-2-2 - Fournisseurs des produits chimiques nécessaires à la fabrication des papiers et cartons destinés au contact alimentaire

Pour fabriquer les papiers et cartons destinés au contact alimentaire, il faut utiliser des produits chimiques soumis eux aussi à des dispositifs réglementaires tels que REACH entré en vigueur le 1er juin 2007. Les principaux fournisseurs de produits chimiques des papetiers sont : Nalco, BTS, Kolb, Arkema,…

Exemples de produits qui peuvent être vendus à des papetiers pour l’enduction, technique de transformation des papiers et cartons destinés au contact alimentaire. Produits vendu par BTS pour l’enduction :

N.B. : il est difficile de connaître la composition exacte de ces produits, des brevets sont déposés et les formulations sont peu divulguées.

Par ailleurs, les machines à papier sont elles aussi de plus en plus réglementées quand elles sont utilisées pour fabriquer du papier et du carton dédiés au contact alimentaire. Ainsi, Elytra, fournisseur de ce type de papier carton, a bâti une usine aux normes d'hygiène uniques pour rendre son carton ondulé apte au contact avec les aliments. Le principal ennemi contre lequel il faut lutter dans le domaine de l'emballage carton est la poussière. L'usine a donc été conçue pour limiter au maximum la présence de particules. Le personnel doit être sensibilisé et formé aux règles d'hygiène qui prévalent dans ce domaine, notamment à la pratique du Hazard Analysis and Critical Control Point (HACCP) et à l'utilisation de tenues spécifiques. Une précaution indispensable pour une réelle application des consignes de respect d'hygiène.

III-3 - Clients

III-3-1 - Qui est le consommateur du 21e siècle ?

Le consommateur d’aujourd’hui veut à la fois la qualité et les prix bas. Quatre adjectifs peuvent décrire les tendances actuelles en matière de consommation, expliquant pourquoi il est essentiel d’améliorer le stockage des aliments à la maison :

III-3-2 - Les grossistes

Les principaux secteurs utilisant les emballages sont : produits de boulangerie, viandes et volailles, poissons, fruits et légumes, produits déshydratés, snacks, boissons et pharmacie. Ceci concerne des produits trouvés dans la grande distribution, la restauration rapide, l’agroalimentaire et la nourriture animalière.

III-3-3 - Les consommateurs

Les consommateurs des produits alimentaires.

III-4 - Analyse stratégique

Le diagramme de Porter analyse la place des papiers et cartons utilisés pour le contact alimentaire parmi les fournisseurs, les produits de remplacement et d’hypothétiques nouveaux entrants et clients.

La matrice SWOT détermine les forces et les faiblesses des produits étudiés.

Quel peut être l’avenir de ce type d’emballage ? Mettant en jeu divers acteurs et différentes variables, quatre scénarios sont proposés quant au futur envisageable pour le papier carton dédié au contact alimentaire.

III-4-1 - Diagramme de Porter

                Diagramme 
  de Porter sur la législation sur les papiers cartons dédiés au contact alimentaire      
  Figure 7 - Diagramme de Porter sur la législation sur les papiers cartons dédiés au contact alimentaire  
     

III-4-2 - Analyse du diagramme de Porter

Le diagramme Porter [Figure 7] analyse le marché des papiers et cartons utilisés pour le contact alimentaire. Ainsi, sont placés au centre les différents papiers et cartons utilisables pour le contact alimentaire qui se différencient par les procédés de fabrication et par les produits chimiques utilisés. Ces papiers et cartons se font concurrence dans ce secteur du contact alimentaire.

Dans cette optique, les produits de remplacement sont tous les autres produits utilisables pour le contact alimentaire et l’emballage. Par exemple, le plastique et l’aluminium sont des matériaux également très employés dans l’emballage.

N.B. : Les pourcentages présentés correspondent à l’utilisation dans tout type d'emballage et non uniquement dans l’emballage alimentaire. En effet, dans les statistiques concernant les emballages, distinguer les éléments concernant l’alimentaire s'avère très difficile.

De la même manière, les nouveaux entrants sont des nouveaux papiers et cartons utilisés dans l’emballage alimentaire correspondant à l’apparition d’une nouvelle réglementation, à l’utilisation de nouveaux produits et de nouveaux procédés. De plus, d’autres entrants pourraient aussi être des produits de remplacement, comme dans l’évolution des plastiques et des produits complexés. Par exemple, le projet REACH pourrait proposer de nouveaux produits à utiliser, aptes au contact alimentaire ; l’inconvénient en serait le prix. Il faudrait étudier si ces nouveaux entrants seront assez compétitifs pour prendre une part du marché. Par exemple, Solvay Solexis met en avant une nouvelle classe de polymères fluorés pour les emballages alimentaires : les perfluoropolyethers (PFPE). Ces PFPE "fonctionnalisés" permettent de réaliser le traitement anti-tache des papiers et de répondre positivement aux différents tests du secteur alimentaire.

De nouvelles techniques de fabrication peuvent également entrer sur le marché. Dans le cas de la société Eymin Leydier, elles concernent les cartons micro et nano cannelures. Ces nouvelles cannelures permettent d'obtenir des images plus soignées sur les emballages tout en assurant une très bonne protection des produits. Ces qualités se retrouvent en termes de parts de marché qui augmentent régulièrement pour ces types de cannelures et qui présentent des taux de croissance très élevés. Ces cartons peuvent être traités dans la masse, possèdent des attributs barrière à l’humidité, à la vapeur d'eau et à la graisse. Ils ont été développés en respectant des normes réglementaires strictes et se positionnent comme une réponse environnementale à la demande exprimée par les consommateurs. Ils peuvent s'adapter à différents marchés jusqu'au marché des emballages de haute qualité comme les boîtes pliantes et les produits frais et surgelés tout en apportant un niveau élevé de brillance. Malgré leur prix élevé, ces cartons conviennent parfaitement à un marché de niche.

Pour fabriquer ces papiers et cartons, il faut des fournisseurs. Tout d’abord, les fournisseurs de produits chimiques et de matières premières cellulosiques doivent répondre aux législations relatives au contact alimentaire pour vendre leurs produits. La réglementation ne facilite pas leur travail mais elle est nécessaire pour la fiabilité des produits. Les constructeurs de machine à papier doivent eux aussi se conformer aux normes d’hygiène. De même, les papetiers doivent fabriquer des papiers aptes au contact alimentaire à partir de matières premières certifiées dans le cadre de la réglementation. Cela doit être fait dans les normes d’hygiène et d’aptitude au contact alimentaire correspondant à l’utilisation des papiers stipulée dans le cahier des charges.

Enfin, les papiers cartons sont fabriqués pour être vendus et utilisés dans leur rôle de protection, stockage, présentation et conservation des aliments à emballer. Leurs premiers utilisateurs sont les grandes surfaces, les restaurants, les fast-foods, les cantines... Toutefois, ceux qui fixent les règles, ce sont en définitive les consommateurs qui se restaurent dans les chaînes de restauration précitées et qui utilisent directement les aliments emballés dans leur vie quotidienne. En effet, ils sont indirectement responsables des modifications réalisées dans les techniques de fabrication et dans les produits utilisés. De plus en plus exigeants sur l’hygiène, la qualité des produits et le respect de l’environnement., ils se méfient des produits chimiques présents dans les aliments : un réel défi pour les fabricants. Responsables de la législation, fournisseurs de produits, producteurs papetiers et, plus généralement, tous ceux qui font partie de la chaîne de fabrication et de commercialisation, ont été obligés de modifier leurs comportements afin de satisfaire les clients.

Pour conclure cette analyse, tentons de dégager les principaux axes d’évolution des papiers et cartons aptes au contact alimentaire dictés par une législation floue en constante évolution. Les enjeux du secteur de l'emballage sont essentiels pour la filière papier carton. En réponse aux attentes des consommateurs, de nouveaux matériaux issus de matières renouvelables aux propriétés intéressantes de recyclage et de biodégradabilité arrivent sur le marché. Les objectifs des travaux répartis sur plusieurs sous-projets se déclinent en différents points : réduction à la base de 30% de la matière première, conception d'emballages communicants et faciles à manipuler et élaboration d'emballages 3D, matériaux moulés et préformés. Les nanotechnologies sont appelés à jouer un grand rôle dans le développement. Elles ouvrent la voie vers des matériaux basés sur des fibres plus résistantes capables de concurrencer les plastiques en termes de performance et de fonctionnalités grâce de meilleures propriétés barrière, à la diminution du grammage et à l'introduction de l'interactivité.

III-4-3 - Matrice SWOT

La matrice SWOT [Tableau 3] identifie les points forts et les points faibles du papier carton utilisé comme emballage apte au contact alimentaire.

Forces Faiblesses
  • Sécurité alimentaire
    Conformité aux normes d’hygiène, de sécurité alimentaire et aux réglementations en vigueur : le consommateur a confiance en ces produits d’emballage et au fait que les aliments soient sains
    à la consommation.
  • Matériau biodégradable, écologique et renouvelable
    Attirance des consommateurs de plus en plus exigeants.
  • Difficultés de stockage
    Il perd ses propriétés avec le temps pour le stockage à long terme des aliments (ex : le carton à pizza est un emballage de transition (transport) à contact alimentaire, il n’est pas un emballage de stockage).
  • Méconnaissance des impacts à long terme sur la santé
  • Utilisation difficile, minoritaire et très réglementée des fibres recyclées
    Utilisation principale de fibres vierges.
Opportunités Menaces
  • Développement du marché de la restauration rapide
    Utilisation majoritaire du papier et carton pour l’emballage (ex : carton pizza, carton plat pour les frites et hamburgers dans les fast-foods,…).
  • Utilisation d’emballages unitaires
    Fabrication de plus en plus courante d’emballages unitaires pour répondre aux besoins des clients (ex : les célibataires).
  • Réglementation sévère et stricte sur le choix des produits chimiques et des procédés de fabrication
    Évolution rapide et régulière de la réglementation. Obligation du papetier d'adapter les procédés et techniques de fabrication.
  • Utilisation de matériaux de substitution
    Papetiers font face à l’utilisation de produits chers et spécifiques pour répondre à la norme. Probable non rentabilité du papier carton comme emballage (ex : menace du plastique plus rentable).

Tableau 3 - Matrice SWOT pour l'analyse stratégique du papier carton utilisé comme emballage alimentaire

III-4-4 - Scénarios

Imaginés à partir des éléments dégagés par la matrice SWOT, quatre scénarios présentent  pour le papier carton dédié au contact alimentaire des perspectives soit pessimiste soit optimistes selon les variables utilisées pour les construire.

Scénario n°1 - Disparition de l’utilisation du papier et carton au contact alimentaire - Influence de la réglementation

Concernant le contact alimentaire, la réglementation européenne est encore floue et apparaît comme très stricte. Le papier carton utilisé pour l'emballage est en contact direct avec son contenu, l’aliment. Il est possible qu’une interaction entre l’emballage et l’aliment – par la migration d’un constituant de l’emballage vers l’aliment – provoque une intoxication alimentaire massive. Dans ce cas, les fabricants rappellent tous les lots concernés présents sur le marché et stoppent l’utilisation du papier carton pour emballer leurs produits afin de renouveler leur image, de conserver leur clientèle et de faire face aux dommages causés à leur nom.
En conséquence, la réglementation européenne est revue et conduit à la modification du principe d’inertie rendu beaucoup plus restrictif sur l’utilisation des produits dans la fabrication des emballages. Ces mesures strictes annoncent la fin de l’utilisation du papier carton pour les emballages alimentaires en Europe car le respect des nouvelles réglementations relèvent de l’impossible. En effet, plus aucun produit intervenant dans la fabrication des emballages en papier carton ne sont utilisables pour le contact alimentaire.

Ce scénario reste peu probable (probabilité de réalisation = 30%) : en effet, les interactions molécules / aliments font l’objet de sérieuses études, le risque alimentaire étant l'une des grandes préoccupations des dirigeants européens. À titre d’exemple, citons la crise de l’ITX (2-isopropylthioxanthone) : en 2005, des millions de litres de lait pour enfant commercialisés par Nestlé contenant de l’ITX sur des emballages fabriqués par Tetra Pak ont dû être retirés du marché dans quatre pays européens. En dépit des problèmes rencontrés, l’emballage papier carton n’a pas été abandonné malgré les modifications de la réglementation. Ce type de contamination récurrente peut être évité compte tenu des moyens technologiques actuels à disposition des fabricants.

Scénario 2 - Utilisation limitée du papier carton dédié au contact alimentaire - Conséquences économiques

Pour développer l’usage du papier carton dédié au contact alimentaire, il faut une interaction recherche / industrie poussée mais aussi onéreuse. En effet, la connaissance nécessaire des matériaux de l’emballage se répercute sur le coût total de mise en œuvre des emballages. Leur haute technicité implique un prix de revient élevé.
Les fournisseurs des produits chimiques inclus dans la production du papier carton destiné au contact alimentaire qui n'optimisent pas leurs procédés de fabrication, donc à réduire leurs coûts, ne peuvent toucher la grande distribution. L'utilisation du papier carton reste donc limité aux produits de haute qualité.

La probabilité de ce scénario est évaluée à 40% car généralement, après plusieurs années de recherche et développement, les entreprises parviennent à diminuer le coût de leur produit.

Scénario 3 - Développement croissant du papier carton dédié au contact alimentaire - Confiance du consommateur - environnement

Le papier et le carton déjà bien ancrés sur le marché de l’emballage alimentaire continuent leur progression et s’imposent comme majoritaires dans les chaînes de grande distribution. Leur fiabilité, leurs nombreux avantages et l’impact publicitaire qui leur est associé satisfont les consommateurs qui manifestent leur contentement. D'où une augmentation considérable des ventes.

De plus en plus soucieux des risques alimentaires, le consommateur a totalement confiance en ces emballages qualifiés de "sains". De plus l’amélioration des procédés et l’utilisation de nouvelles technologies permettant une sécurité alimentaire accrue satisfait ses besoins. Appelé à s'impliquer dans une démarche environnementale, le consommateur apprécie l’idée d’utiliser ce matériau renouvelable et biodégradable ce qui permet de développer encore plus cette technologie.

Les enjeux actuels concernant la protection de l'environnement et de la santé publique rendent ce scénario très probable : ses chances de se réaliser sont estimées à 80%.

Scénario 4 - Envolée du papier carton destiné au contact alimentaire - Grande campagne de promotion

Les producteurs d'emballages en papier carton dédié au contact alimentaire constatent une méfiance persistante des consommateurs malgré leur effort à garantir un produit sain. Ils lancent donc une grande campagne de publicité à la télévision afin de promouvoir leurs produits et parviennent à convaincre les consommateurs des avantages de ce type d'emballage. Des études prouvent que les papiers et cartons n’occasionnent aucun effet sur la santé à court comme à long terme ce qui les rassurent. Cet impact publicitaire fait augmenter les ventes et le marché s’élargit. La concurrence se développe. L’avenir du papier carton pour le contact alimentaire est très prometteur.

Il paraît peu probable que les fabricants se lancent dans une campagne publicitaire d’une telle ampleur : la probabilité de réalisation de ce scénario est évalué de 20% à 30%.

IV - Conclusion

Plan

Avec cette étude de veille technologique, plusieurs aspects relatifs à l’alimentarité ont été mis en évidence.

Le marché de l’emballage, en constante évolution, est majoritairement concerné par le papier carton. Ce dernier est confronté à un autre matériau, le plastique, qui acquiert de plus en plus de parts de marché.

La fabrication d’emballages destinés au contact alimentaire en adéquation avec la législation est un défi difficile à relever pour tous les fabricants, encore plus ardu lorsqu'il s'agit du papier carton car il manque des lois harmonisées, claires et spécifiques à ce matériau. En outre, il faut respecter la législation relative à chaque constituant de l’emballage, de la matière première (pâte à papier) au recouvrement de l’emballage (collage, enduction) en passant par l’impression (encres et vernis). Ces contraintes découragent les nouveaux entrants sur ce marché et compliquent la tâche des acteurs actuels.

En ce qui concerne l'avenir du papier carton dédié au contact alimentaire, les lois sont en cours de modification et la nécessité de les harmoniser se fait sentir. C’est pourquoi ce type d’emballage est amené à évoluer considérablement. L’étude du marché permet de faire des hypothèses quant aux risques et aux opportunités qui se présenteront. Cependant, il est difficile de prévoir son évolution :  la fluctuation du marché de l'emballage est telle qu'il n’est pas à l’abri d’un bouleversement (par exemple : découverte de produits dangereux pour la santé à long terme). Une certitude cependant : le rôle de la recherche demeure capital car, en plus de l’évolution des besoins du consommateur, c'est elle qui oriente la conception et la fabrication des emballages.

V - Bibliographie - Webographie

Plan

    L’éco-conception appliquée au cartonnage.   Cartonnage Emballages Modernes, Novembre 2006, n°692, p.24-25
     Les meilleurs succès commerciaux du couple produit / packaging.   Cartonnage Emballages Modernes, janvier-février 2007, n°694, p.28-32
SAPORTA H.   Biodégradable ! Oui mais la valorisation ?   Emballages Magazine, octobre 2006, n°812, p.1
JADOUL A.   Le rôle de l’emballage dans la garantie de conformité.   Emballages Magazine, mai 2006, n°45, p.24-25
JADOUL A   L’utilisation des emballages actifs et intelligents.   Emballages Magazine, mars 2006, n°43, p.24-25
SAPORTA H.   Une nouvelle réglementation pour des emballages en bois plus sûrs.   Emballages Magazine, juin 2006, n°798, p.5
BILLON S.   Tracer les emballages alimentaires.   Emballages Magazine, octobre 2006, n°810, p.4
MARTIN S.   Le régime juridique des emballages actifs.   Emballages Magazine, janvier-février 2006, suppl., n°780, p.8
DELEFOSSE M.   Une nouvelle vigueur en 2006 ?   Revue du Papier Carton, juin-juillet 2006, n°88, p.36
    Papiers et cartons d’emballage : un rebond attendu en 2006.   Cartonnages Emballages Modernes, mars-avril 2006, n°688, p.17-20
    Séminaire sur le contact alimentaire avec le Club MCAS.   La Lettre du Papier, 1er janvier 2006, n°211, p.5
    Prochain EFPG Days sur les matériaux composites.   La Lettre du Papier, 1er avril 2006, n°217, p.12
    Le CTP élargit son accréditation COFRAC.   La Lettre du Papier, 1er février 2006, n°213, p.12
    Triple certification pour Cascades Blendecques.   La Lettre du Papier, 1er février 2006, n°213, p.14
    La réglementation pour le contact alimentaire.   La Lettre du Papier, 15 juin 2005, n°200, p.11
    Elytra certifié BCR/IOP.   La Lettre du Papier, 1er juin 2005, n°199, p.10
    Les innovations de Mondi Packaging Swiecie.   La Lettre du Papier, 1er novembre 2005, n°207, p.7
PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL   Règlement (CE) n°1935/2004 du 27 octobre 2004, concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires et abrogeant les directives 80/590/CEE et 89/109/CEE.   Journal officiel de l’Union européenne du 13 novembre 2004
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