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Révision : 14 janvier 2011
Une nouvelle jeunesse pour l'imprimé ?
 
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En ce début 2011, voici le cinquantième numéro de la lettre que je vous adresse régulièrement. Depuis huit ans, cette lettre tente de refléter ce que je vis et ce que je vois dans la filière graphique. La relecture des 49 lettres précédentes m'inspire quelques réflexions.
La première est que les arguments "développement durable" liés à l’imprimé sont de plus en plus pertinents. Le papier, premier facteur de ce développement durable, a fortement déployé ses atouts à savoir son caractère recyclable ainsi que l'exploitation de la biomasse. Quant au bois, matière première renouvelable, il reste abondant, hors zones sensibles. Les forêts sont mieux protégées, même s’il y a encore, hors Europe, des actions irresponsables amplement médiatisées. Malgré tout, ces arguments ont du mal à être entendus. Pourquoi ? Parce que la filière papetière et graphique a tardé à s’unir face aux géants de l’électronique soucieux de ringardiser le puissant média papier multiséculaire. Pourtant, les achats et les usages des produits électroniques favorisent le pillage des terres et des métaux rares, non renouvelables, tandis que leur recyclage peine à démarrer…
Les choses ont tout de même commencé à changé à partir de 2006...

Jacques de Rotalier (Janvier-Février 2011)

La résistance du média imprimé s'organise

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

En novembre 2006, le Sicogif a publié l'étude L’avenir de l’imprimé : panorama, perspectives et priorités stratégiques pour la filière de l’imprimé. Au cours d'un travail effectué avec Philippe Queinec (alors secrétaire général du Sicogif), j’ai pu y évaluer les ramifications et l’importance de l’imprimé au sens le plus large du terme.

En mars 2007, un colloque organisé par La Poste a porté sur Les pouvoirs du papier à l’ère du numérique. Il a été suivi, en novembre 2007, par un colloque organisé par les pouvoirs publics à Bercy sur l' Imprimé, média du futur.

Les conséquences visibles de ces travaux furent :

 

    la création en juillet 2008 de l’Union Nationale de l'Imprimerie et de la Communication (UNIC)  issue de la fusion du Sicogif et de la Ficg ;
  la forte implication d’acteurs proches de la filière comme La Poste et des pouvoirs publics.

La filière graphique est certes d’une variété extrême et d’une richesse insoupçonnée mais cela la rend beaucoup moins visible que les mastodontes électroniques dont les maîtres mots sont standardisation, bas coûts, uniformisation... La filière graphique a donc eu besoin d’alliés proches et puissants. Elle a su en trouver, il lui faudra en trouver d’autres, en particulier dans les agences de communication, encore trop obsédées par les modes et le court terme, et pas assez par le rapport impact du message/coût réel.

Trois initiatives au moins (si j’en oublie, signalez-les moi !) portent aujourd’hui le projet de renouveau de la filière graphique.

    En France : l’association Culture Papier – qui deviendra une fondation –  développe son action auprès de nos députés et sénateurs. C'est un bon axe car la filière graphique est l'une des filières (grâce aux papetiers, cartonniers, imprimeurs, transformateurs, recycleurs) qui structurent l’aménagement du territoire jusqu’au fin fond de nos régions. Les élus y sont tout à fait sensibles.
  En Grande-Bretagne : l’association Two Sides défend l’imprimé de manière plus directe. Ce lobbying, à la manière anglo-saxonne, est particulièrement efficace : plusieurs opérateurs téléphoniques ont été conduits à revoir ou abandonner certaines de leurs campagnes qui dénigraient à tort l’imprimé !
    En Europe : la campagne Print Power, prise en charge par les fédérations professionnelles concernées, vise à rappeler les atouts incontestés de l’imprimé.  

Ces initiatives ne travaillent en silos mais en réseau. Elles s’enrichissent de leurs bonnes idées et renforcent le front commun. Si j’avais un souhait à formuler, il serait de développer ces actions vis-à-vis du grand public. Là aussi, l’appui d'un plus grand nombre d'agences de communication serait bien utile.

Valorisation d'un patrimoine imprimé d'une grande richesse

En décembre dernier, j’ai eu la chance de participer à une conférence de presse donnée à l’Institut de France au cours de laquelle furent présentées :

    le fac-similé des Illusions perdues d’Honoré de Balzac, premier ouvrage de la Collection Empreinte (Éditions Verdier) : "Les Illusions perdues - manuscrit, choix d’épreuves et version Furne corrigés des mains de l’auteur", par Stéphane Vachon, professeur à l’université de Montréal, spécialiste de Balzac.
  Arkhopole, une filière française de production de contenus culturels innovants au service de la numérisation du patrimoine, par Jean-Pierre Gérault, président du Directoire d’i2S, président d’honneur de la Fondation Empreinte.
    La politique de numérisation et de valorisation du patrimoine immatériel de l’Institut de France et des Académies, par Gabriel de Broglie, chancelier de l’Institut de France.  

Notre pays a la chance de posséder d’immenses trésors imprimés, d’énormes collections de croquis, dessins artistiques et industriels qui ne demandent qu’à vivre une deuxième jeunesse. Cela n’échappe pas à des géants du numérique comme Google. Il nous faut donc développer nos plateformes et filières aptes à valoriser intelligemment ces richesses. Il ne suffit pas de scanner aveuglément, il faut analyse et indexer tout ce travail fait autrefois pour le rendre disponible de manière fluide pour les chercheurs d’abord, mais aussi dans certains cas pour le grand public.

L'avez-vous remarqué ? Dans les librairies, les livres prennent aujourd'hui des formes plus variées comme des coffrets contenant des livrets, des biographies, des analyses, des CD, des DVD d’œuvres musicales. Deux publications récentes viennent illustrer cette nouvelle tendance.

    Le philosophe Michel Serres vient de publier Biogée aux Éditions Dialogues.fr. L'originalité est qu'il est possible d'écouter l'auteur parler de son livre et de consulter une partie de son manuscrit en plus de lire le livre même. Les trois étapes de la création d’une œuvre sont ainsi mises en lumière.
  Dans le coffret-livre Les Arènes publié par l'historien Benjamin Stora sur la guerre d’Algérie sont insérés des carnets personnels, des carnets fournis aux appelés, des tracts, des affiches, des lettres officielles ou personnelles, des cartes postales,... Ce petit coffret d’archives permet ainsi d’accéder à ce que l'historienne Arlette Farge décrit dans son essai Le Goût de l'archive comme "l’essentiel des êtres et des choses".

Quant au livre de jeunesse, Dieu merci, en France, il ne se porte pas trop mal. Peu touché par la crise et bien utilisé, il est, selon Marie Aubinais, auteur des aventures de Petit Ours brun (Bayard Jeunesse), "un socle incontournable du développement intérieur, donc d’une réelle autonomie de chacun". De plus, souligne-t-elle, cet "outil d’intégration [ ] est peu encombrant, facile (à transporter), varié (dans ses genres), accessible (en bibliothèque) et (relativement) peu cher et vous aurez du mal à comprendre pourquoi les responsables politiques ne s’en saisissent pas davantage".
Voilà quelqu’un à inviter à Culture Papier !!!

Bonne année à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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