|
1 - Introduction |
|
| |
|
Le langage SQL permet de réaliser sur un groupe de deux tables les trois opérations de base de la théorie des
ensembles, c'est à dire : |
|
|
|
| |
|
l'union |
|
|
l'intersection |
|
|
la différence |
|
|
|
|
De ces trois opérations, seule l'union présente vraiment de l'intérêt. Si, dans les exposés relatifs à SQL, on
regroupe généralement les trois opérations ensemblistes, c'est pour se conformer à une logique mathématicienne. Comme nous le verrons
dans la suite de ce chapitre, l'intersection et la différence sont en fait des requêtes multi-tables particulières, que l'on peut
réaliser même si l'on ne dispose pas d'une commande spécifique -- ce qui est effectivement le cas lorsqu'on utilise le SGBD Access. |
|
|
|
La requête union, par contre, est quasi irremplaçable : elle seule permet de mettre deux tables bout à bout en
leur faisant jouer des rôles identiques, et en éliminant systématiquement les doublons. Certes, la requête ajout permet d'ajouter une
table à une autre, mais dans ce cas les deux tables ne jouent pas le même rôle, et l'élimination des doublons -- si elle s'avère
nécessaire -- requiert soit la création d'un index multi-champ, soit un traitement ultérieur (regroupement). |
|
|
|
A ce chapitre nous rajouterons un paragraphe concernant le produit cartésien de deux tables, requête qui n'est utilisée que
très rarement et dans des cas très spécifiques. |
|
|
|
Comme pour les autres chapitres de ce tutoriel (ou tutorial, ou cours en ligne), nous utiliserons le SGBD Access comme
support pratique. |
|
|
|
2 - L'union de deux tables |
|
| |
|
L'union de deux tables est une une feuille de données (ou une table) contenant chaque
ligne de la première table et chaque ligne de la seconde table. Les lignes communes aux deux tables ne sont conservées qu'en un
seul exemplaire, c'est à dire que l'opération d'union élimine les doublons. Les champs que l'on fait correspondre dans les deux tables
n'ont pas besoin de porter les mêmes noms ni de se présenter dans le même ordre -- ni même de posséder le même
type de donnée si la transposition est possible (une date en texte, par exemple). |
|
|
|
Exemple 1. La figure ci-dessous illustre l'opération d'union dans le cas simple où
les champs portent le même nom, possèdent les mêmes propriétés, et sont situés dans le même ordre. |
|
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
union |
| nom |
prénom |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Pouf |
Jean |
| Truc |
Patrick |
|
|
| Table1 |
|
Table2 |
|
Résultat |
|
|
|
|
Il n'existe pas dans Access d'interface graphique permettant de créer une requête Union. Il faut donc écrire soi-même le code
SQL requis. Pour ouvrir l'éditeur de requêtes SQL, nous sélectionnons l'objet "Requêtes" dans la fenêtre "Base de
données", nous n'introduisons aucune table dans l'interface graphique de définition des requêtes, et nous basculons en mode SQL. |
|
|
|
Si notre base contient les deux tables précitées, nous pouvons exécuter la requête SQL suivante, contenant l'opérateur
UNION : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 UNION SELECT nom, prénom FROM Table2; |
|
|
|
A l'exécution de la requête, nous constatons qu'une feuille de données est créée, qui rassemble le contenu des deux tables, et
en élimine les doublons. Si nous enregistrons la requête (sa structure, pas son contenu), Access fait précéder son nom de l'icône
pour rappeler qu'il s'agit d'une requête de type "Union". |
|
|
|
Exemple 2. Les champs mis en correspondance n'ont pas besoin de porter le même nom,
comme le montre l'exemple suivant, dans lequel nous avons modifié les intitulés des champs de la table "Table2" : |
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
union |
| last-name |
first-name |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Pouf |
Jean |
| Truc |
Patrick |
|
|
| Table1 |
|
Table2 |
|
Résultat |
|
|
|
La requête union correspondante est représentée ci-dessous. Le SGBD sait que "last-name" correspond à
"nom", et "first-name" à "prénom", parce que les champs sont cités dans cet ordre dans les deux
clauses SELECT. La feuille de données résultante emprunte les noms de ses champs à la première table. La présence des crochets traduit
le fait que SQL ne tolère pas le tiret dans les noms des tables ni dans ceux des champs (caractère non autorisé). |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 UNION SELECT [last-name], [first-name] FROM Table2; |
|
|
|
Exemple 3. Nous pouvons faire en sorte d'imposer les noms des champs dans la
feuille de données résultante pour obtenir, par exemple, le résultat suivant : |
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
union |
| nom |
prénom |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
| Col1 |
Col2 |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Pouf |
Jean |
| Truc |
Patrick |
|
|
| Table1 |
|
Table2 |
|
Résultat |
|
|
|
En SQL, la requête s'écrit ainsi : |
|
SELECT nom AS Col1, prénom AS Col2 FROM Table1 UNION SELECT nom AS Col1, prénom AS Col2 FROM Table2; |
|
|
|
Exemple 4. Nous pouvons appliquer des critères de sélection (clause WHERE) aux
enregistrements de chacune des deux tables que nous voulons réunir. Il faut cependant que nous fassions bien attention à bien définir le
même critère dans les deux clauses SELECT. Ainsi, pour exclure les noms commençant par A, B ou C dans le résultat final : |
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
union |
| nom |
prénom |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
| nom |
prénom |
| Machin |
Pierre |
| Pouf |
Jean |
| Truc |
Patrick |
|
|
| Table1 |
|
Table2 |
|
Résultat (avec critères) |
|
|
|
nous utilisons la requête union suivante : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 WHERE nom>"D" UNION SELECT nom, prénom FROM Table2
WHERE nom>"D"; |
|
|
|
Exemple 5. Pour faire en sorte que la requête union n'élimine pas les doublons,
nous rajoutons l'opérateur ALL après UNION, comme le montre la requête ci-dessous : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 UNION ALL SELECT nom, prénom FROM Table2; |
|
|
|
La feuille de données obtenue résulte de la simple mise bout à bout des deux tables, sans tri ni élimination des
doublons : |
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
union all |
| nom |
prénom |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
| Col1 |
Col2 |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
|
| Table1 |
|
Table2 |
|
Résultat |
|
|
|
Exemple 6. Comment faire en sorte que la requête Union crée une table ? Une
des techniques possibles consiste à emboîter la requête union dans une commande d'insertion. Le code SQL suivant : |
|
INSERT INTO Table3 SELECT * FROM (SELECT nom, prénom FROM Table1 UNION SELECT [last-name], [first-name]
FROM Table2); |
|
|
|
peut être exécuté à condition que la table "Table3" ait été préalablement créée (vide) -- mais cette condition n'est
pas requise pour observer le résultat de la requête en mode feuille de données. La requête ci-dessus est reconnue par le SGBD Access comme
une requête "Ajout" (à cause de la clause INSERT) et, si nous l'enregistrons, son nom apparaît précédé de l'icône
correspondante. Le code ci-dessus nous offre un exemple d'emboîtement en SQL. |
|
|
|
Cet aspect didactique mis à part, il est plus simple, quand on opère dans le SGBD Access, de réaliser d'abord la requête
union, puis de réutiliser son résultat dans une requête de sélection simple, à laquelle on demande de créer une table. |
|
|
|
Remarque. Si nous tentons de réaliser l'union de deux tables contenant un champ
(nommé "essai") de type Mémo, Objet OLE ou Lien hypertexte, nous obtenons le message suivant (rédigé dans le jargon franglais
des informaticiens) : |
|
 |
|
|
Cela signifie que, dans le SGBD Access, la requête Union ne fonctionne pas sur les champs de type Mémo, Objet OLE et
Lien hypertexte. Pour réunir deux tables comportant des champs de ce type sans les perdre, il faut utiliser la requête Ajout. |
|
|
|
La requête Union présente un autre défaut : elle est lente à l'exécution, aussi bien programmée soit-elle. Cela
provient du fait qu'elle trie et dédoublonne, alors que la requête Ajout se contente de compléter une table avec les données d'une
autre. A titre d'exemple, sur un PC de qualité standard, il faut environ plusieurs minutes (3-4) pour réaliser l'union de 10.000
enregistrements avec 300.000 autres. |
|
|
|
3 - L'intersection de deux tables |
|
| |
|
L'intersection de deux tables est une une feuille de données (ou une table) contenant
seulement les lignes communes aux deux tables. Les conditions sont les mêmes que pour l'union. La figure ci-dessous illustre
l'opération intersection : |
|
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
inter |
| nom |
prénom |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
|
|
|
|
|
Le code SQL correspondant dépend de la version utilisée. En SQL1, il s'écrit : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 WHERE Table1.nom IN (SELECT nom FROM Table2) AND Table1.prénom IN (SELECT prénom FROM Table2); |
|
|
|
Cette syntaxe, qui fait appel à l'emboîtement autant de fois qu'il y a de colonnes, a été simplifiée par l'introduction
de l'opérateur INTERSECT en SQL2. Le nouveau code s'écrit : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 INTERSECT SELECT nom, prénom FROM Table2; |
|
|
|
Mais... le SGBD Access ne reconnaît pas l'opérateur INTERSECT. Il affiche un message d'erreur qui, bien entendu, ne
correspond pas à la situation (une habitude bien ancrée en informatique). Seule reste en lice la première syntaxe, qui apparaît de la
manière suivante dans l'interface graphique : |
|
|
 |
|
|
|
Comme on peut le constater, il est possible d'utiliser des critères écrits en code SQL dans l'interface graphique. Ma foi,
autant utiliser la fenêtre SQL directement ! |
|
|
|
Que l'opérateur INTERSECT ne soit pas reconnu par Access n'est pas un drame. Outre les deux commandes SQL déjà citées,
nous en imaginer une troisième, qui résulte directement de la définition de l'intersection : |
|
SELECT DISTINCT Table1.nom, Table1.prénom FROM Table1, Table2 WHERE Table1.nom=Table2.nom AND Table1.prénom=Table2.prénom; |
|
|
|
La présence de l'opérateur DISTINCT est indispensable, sinon tous les enregistrements de l'intersection figurent en double
dans la feuille de données. Le SGBD les écrit deux fois parce qu'il les trouve une fois dans la première table, et une autre
fois dans la seconde. |
|
|
|
Le code ci-dessus est représenté ainsi dans l'interface graphique (on vérifie en outre que la propriété
"Valeurs distinctes" de la requête vaut "Oui") : |
|
|
 |
|
|
|
Nous pouvons encore traduire l'intersection en utilisant des relations (ou jointures) entre les champs des deux tables. Rappelons
qu'une relation créée dans la fenêtre graphique de définition des requêtes possède une existence éphémère, ce que prouve le fait
qu'elle n'apparaît pas dans la fenêtre "Relations". Pour
traduire qu'un enregistrement de la seconde table est identique à celui de la première table, nous utilisons l'opérateur "Est Pas
Null". Dans l'interface graphique, la requête apparaît comme le montre la figure ci-dessous. |
|
|
 |
|
|
|
La version SQL de cette requête s'écrit : |
|
SELECT Table1.nom, Table1.prénom
FROM Table1 INNER JOIN Table2 ON Table1.nom = Table2.nom AND Table1.prénom = Table2.prénom
WHERE Table2.nom Is Not Null AND Table2.prénom Is Not Null; |
|
|
|
4 - La différence de deux tables |
|
| |
|
La différence de deux tables est une une feuille de données (ou une table) contenant les
enregistrements de la première table qu'on ne retrouve pas dans la seconde. Les conditions sont les mêmes que pour l'union. La figure
ci-dessous illustre l'opération différence : |
|
|
| nom |
prénom |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
diff |
| nom |
prénom |
| Pouf |
Jean |
| Chose |
Jules |
|
= |
| nom |
prénom |
| Machin |
Pierre |
| Truc |
Patrick |
|
|
|
|
|
Le code SQL correspondant dépend de la version du langage utilisée. En SQL1, il s'écrit comme pour l'intersection, à
ceci près que IN est remplacé par NOT IN : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1
WHERE Table1.nom NOT IN (SELECT nom FROM Table2) AND Table1.prénom NOT IN (SELECT prénom FROM Table2); |
|
|
|
(dans l'interface graphique de définition des requêtes, "Not In" devient "Pas In" -- un joyeux mélange de
français et d'anglais). |
|
|
|
La syntaxe précédente, qui fait appel à l'emboîtement autant de fois qu'il y a de colonnes, a été simplifiée par l'introduction
de l'opérateur EXCEPT dans SQL2 (MINUS dans le SGBD Oracle). Le nouveau code s'écrit : |
|
SELECT nom, prénom FROM Table1 EXCEPT SELECT nom, prénom FROM Table2; |
|
|
|
Le SGBD Access ne reconnaît ni l'opérateur INTERSECT, ni l'opérateur MINUS, et il affiche un message d'erreur. On peut bien
sûr s'en tirer comme pour l'intersection, mais il faut cette fois utiliser la jointure gauche. Voici comment apparaît la requête dans
l'interface graphique (où la jointure gauche est représentée par une flèche allant de la première vers la seconde table) : |
|
|
 |
|
|
|
Le code SQL correspondant s'écrit : |
|
SELECT Table1.nom, Table1.prénom
FROM Table1 LEFT JOIN Table2 ON Table1.prénom = Table2.prénom AND Table1.nom = Table2.nom
WHERE Table2.nom Is Null AND Table2.prénom Is Null; |
|
|
|
La jointure gauche est nécessaire parce qu'il faut que le SGBD, lors de l'exécution de la requête, utilise tous les
enregistrements de la première table, qu'ils soient ou non présents dans la seconde. Si nous utilisions la jointure interne, le SGBD
n'examinerait que les enregistrements communs, et n'en retiendrait évidemment aucun. Si nous utilisions la jointure droite, le SGBD
utiliserait tous les enregistrements de la deuxième table, mais seulement ceux de la première table qui sont communs, et le
résultat serait de nouveau vide. |
|
|
|
Le choix du type de jointure vous pose problème ? Essayez les trois types sur un exemple simple, vous trouverez ainsi
quel est celui qui donne la réponse juste. |
|
|
|
5 - Le produit cartésien de deux tables |
|
| |
|
Le produit cartésien de deux tables est une feuille de données (ou une table) obtenue en associant tous les
enregistrements de la seconde table à chacun des enregistrements de la première. |
|
|
|
Si chacune des deux tables contient un grand nombre d'enregistrements, le résultat du produit est gigantesque. De plus,
il ne présente généralement pas d'intérêt. En général, le produit cartésien résulte d'une étourderie (oubli d'une relation dans une
requête multi-table). La figure ci-dessous illustre l'opération de produit cartésien : |
|
|
|
|
X |
|
= |
| nom |
prénom |
| Chose |
Jean |
| Chose |
Jules |
| Machin |
Jean |
| Machin |
Jules |
|
|
|
|
|
Le code SQL correspondant s'écrit : |
|
SELECT Table1.nom, Table2.prénom FROM Table1, Table2; |
|
|
|
En mode graphique, on introduit les deux tables dans la fenêtre "Requête sélection" en veillant bien à ce qu'il
n'y ait pas de relation entre elles. Puis on introduit dans la grille le champ "nom" de la première table, et le champ
"prénom" de la seconde. |
|
|
|
Le produit cartésien rend service quand il faut rassembler dans une même table (à une seule ligne) diverses tables ou feuilles
de données comportant une seule ligne. Le produit cartésien fournit alors une table ne comportant qu'une seule ligne. Les tables à
une seule ligne résultent généralement de calculs effectués verticalement, tels que comptage du nombre d'enregistrements ou
opérations diverses (somme, moyenne, fonctions statistiques) sur les champs numériques ou monétaires. |
|
|